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Des femmes de l'Estrie rendent hommage à Claire Kirkland-Casgrain 

Des femmes de l'Estrie se souviennent du legs de Marie-Claire Kirkland-Casgrain. Celle qui fut la première femme député, première femme ministre et première femme juge aura droit à des funérailles nationales, samedi. Une première encore, puisqu'elle est la première femme à recevoir un tel honneur.

L'ex-ministre libérale Monique Gagnon-Tremblay ne tarit pas d'éloges pour celle cette pionnière de l'émancipation des femmes.

« Je pense qu'on va garder un beau souvenir, un très bon souvenir de Claire Kirkland-Casgrain, affirme-t-elle. On va se rappeler cette femme qui a vraiment ouvert la voie. »

Elle a rencontré Claire Kirkland-Casgrain à quelques reprises, et soutient que leurs chemins présentent plusieurs similitudes.

« Les similitudes que je vois au niveau de son parcours, puisqu'elle nous a ouvert la voie, j'ai été également la première femme au Trésor, aux Finances, j'ai été chef de l'opposition par intérim en remplacement de Jean Charest pendant un certain temps, j'ai été la première vice-première ministre et j'ai été la deuxième femme notaire en région. »

Les similitudes ne s'arrêtent pas là. La cause des droits des femmes a également été au cœur de leurs combats.

« Elle s'est occupée aussi des régimes matrimoniaux avec la société d'acquêts, alors que moi, plusieurs années par la suite, j'ai fait adopter le projet de loi sur le patrimoine familial. »

Défricher un terrain encore inexploité par les femmes a été tout un défi pour Mme Kirkland-Casgrain, souligne Monique Gagnon-Tremblay. Les hommes ont été bousculés par cette arrivée dans leur chasse gardée, d'autant plus que la pionnière était très jeune.

L'adoption de la loi 16

L'historienne Micheline Dumont a vécu l'époque des révolutions provoquées par Claire Kirkland-Casgrain. Elle-même n'avait aucun droit après son mariage et elle se rappelle d'abord et avant tout de l'adoption du projet 16, en 1964, sur la capacité juridique de la femme mariée. Pour la première fois, une femme pouvait signer un document civil sans que le mari se porte garant d'elle.

« Dans notre code de 1866, lorsqu'une femme se mariait, elle perdait tous ses droits, explique-t-elle. Le mari ne pouvait pas signer d'avance, cela prenait sa signature chaque fois. Cela pouvait avoir des conséquences dramatiques. Elle ne pouvait même pas signer pour l'opération de son enfant. »

Cette capacité juridique a été au coeur des revendications des premières féministes du XXe siècle, se rappelle-t-elle. Devant ces injustices, Claire Kirkland-Casgrain a durement milité pour ces droits au sein du parti Libéral, dans lequel se trouvait son père. À la mort de ce dernier, elle a remporté les élections partielles de la circonscription de Jacques-Cartier et a décidé de faire des droits des femmes son cheval de bataille. La victoire fut acquise en 1964. 

« J'en ai personnellement bénéficié, parce que je me suis mariée en 1964 », souligne-t-elle, sourire aux lèvres.

La jeunesse se souvient

Le legs de Claire Kirkland-Casgrain s'étend même jusqu'aux jeunes générations. Myriam Gagné et Caroline Desruisseaux, toutes deux étudiantes en histoire à l'Université de Sherbrooke, affirment qu'elle est un modèle pour toutes les femmes.

Caroline Desruisseaux estime que la « femme » reste peu connue, et déplore qu'en dehors de ses grandes réalisations, sa vie personnelle reste mystérieuse. Elle n'en reste pas moins admirative de l'oeuvre de la pionnière.

« Elle est l'incarnation des espoirs de plusieurs générations de femmes, de plusieurs militantes », affirme-t-elle.

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