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Des idées originales pour favoriser la réussite des élèves

Ballons au lieu de chaises, vélo-pupitre, exercices de rééquilibrage sensoriel et moteur : les initiatives se multiplient depuis deux ans pour favoriser la réussite des élèves en difficulté ou handicapés, dorénavant intégrés aux classes ordinaires.

Les élèves sautillent sur leur ballon dans la classe d'Isabelle Marchessault. Plutôt que de leur demander de rester tranquilles, l'enseignante à l'école Saint-Barthélemy d'Ayer's Cliff joue le jeu. « Le ballon permet de canaliser l'énergie, de bouger et d'écouter en même temps », résume-t-elle.

Dans sa classe de 5e et 6e année, Isabelle compte 24 élèves. Parmi eux, certains sont aux prises avec des troubles de comportement, d'autres avec des troubles de langage, de dyslexie de l'orthographie. Il y a aussi Gabriel Buckley, atteint du trouble du spectre de l'autisme. À ses côtés se retrouve Asahi, un chien Mira qui l'aide à diminuer son anxiété et le rend plus apte à l'apprentissage.

Depuis le jumelage, la moyenne générale du garçon de 10 ans est d'ailleurs passée de 65 % à 85 %.

« J'ai vu une très grande différence. J'ai vu que j'ai plus d'amis, j'ai un plus grand résultat dans les examens, des choses comme cela », confie le jeune élève.

La mère de Gabriel, Nadine Robichaud, rend également visite chaque semaine aux élèves de la classe d'Isabelle. Elle leur enseigne, bénévolement, les techniques du HANDLE Institute de Seattle, qu'elle a appris afin de venir en aide à son fils. Le but ? Le rééquilibrage sensoriel et moteur de l'enfant.

Les exercices peuvent être aussi simples que de souffler dans une paille, ou encore de frotter ses mains ensemble, avant de les déposer sur ses yeux et ses oreilles.

« On travaille beaucoup avec des techniques qui sont basées dans la neurologie et qui les rendent accessibles à l'apprentissage, donc on va dans l'intégration de tous les sens. Ça aide Gabriel, mais ça aide les autres enfants aussi », souligne Mme Robichaud.

Pédaler pour apprendre 

Du côté de l'école Sainte-Marguerite, à Magog, c'est le vélo-pupitre qui a fait son entrée dans la classe. Le petit Léonard Roy, 9 ans, est l'un de ceux qui pédalent tout en apprenant.

« J'ai tout le temps la bougeotte, je sais pas pourquoi. Je suis tout le temps excité », raconte-t-il.

Pour l'enseignante Suzanne Caron, le vélo-pupitre permet de joindre l'utile à l'agréable. « Quand l'élève a besoin de bouger, on peut l'envoyer sur le vélo, il continue à m'écouter pendant que j'explique tout en pédalant. Et le vélo est vraiment silencieux. On l'entend pas, contrairement à ce que je pensais », mentionne-t-elle.

Or, cet outil a un prix : 2000 $. Dans un contexte où le ministère de l'Éducation a amputé du quart le budget alloué à ce type d'initiative, l'école Sainte-Marguerite a dû se tourner vers les organismes communautaires pour trouver le financement. Heureusement, ils ont répondu à l'appel.

Le problème du financement se répercute aussi à l'école Saint-Barthélemy. Là-bas, ce sont les profits amassés chaque année à la cantine de la Foire agricole qui permettent à l'école de maintenir ses initiatives en place

« C'est directement la communauté, les gens qui sont venus acheter ces hot-dogs-là ou ces cafés-là qui ont fait en sorte qu'on a pu renouveler la flotte de ballons d'Isabelle et on essaie d'en ajouter année après année », explique la directrice de l'école, Geneviève Clavelle.

Une aide fort appréciée quand, dans les classes, chaque petit geste compte.

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