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Des inquiétudes subsistent autour du quartier de minimaisons à Sherbrooke

Des citoyens mécontents du projet de quartier de minimaisons à Sherbrooke ont profité de la consultation publique tenue par la Ville, lundi soir, pour se faire entendre. Ceux qui ont fait le plus de bruit sont ceux qui vivent sur le chemin Duplessis et qui auront comme nouveaux voisins arrière des membres de la coopérative Le Petit quartier.

Un texte de Christine Bureau

« Nous, on perd notre bois à nous. […] Le problème, c'est qu'ils sont collés sur nous autres, on n’a plus d'intimité », a laissé tomber Émilie Morin.

« La game se passe sur Duplessis », a renchéri Marc Dubé. « Moi, de ma piscine, je vais voir un beau mur de 21 pieds! C’est la vue que je vais avoir! » a-t-il répété, en faisant allusion à la minimaison qui se construira derrière chez lui.

L’écran végétal qu’ont promis de construire les responsables du projet ne l’a pas convaincu. « Ça va être quoi, une haie de cèdres? » a-t-il demandé. Trop tôt pour le dire, a répondu l’instigateur du Petit Quartier, Richard Painchaud, assurant néanmoins qu’il s’agira d’arbres matures ou presque.

« Le projet d’aménagement paysager devra nous être soumis », a rappelé de son côté Benoît Lapointe, urbaniste-coordonnateur à la Ville de Sherbrooke.

Deux arguments qui n’ont pas suffi pour calmer les citoyens présents. Un autre s’est également montré inquiet du trafic qui sera causé selon lui par l’arrivée de ces nouveaux résidents, même si 30 % d’entre eux seront des retraités.

« Je reste sur le chemin Duplessis. On a tellement de difficulté à sortir de nos entrées de cour. Je suis attaqué, moi, avec le projet de M. Painchaud », a-t-il clamé.

Le directeur général de la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie, Guillaume Brien, a tenté à deux reprises de calmer les esprits en rappelant que l’un des objectifs du Petit Quartier est de favoriser le « bon voisinage », soulignant au passage que ce qui est bon pour les résidents du secteur le sera également pour ceux du Petit quartier.

Un « PPCMOI »

Le but de la consultation publique de la Ville de Sherbrooke était d’entendre les citoyens sur le projet de résolution PPCMOI 47, un projet particulier de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble

À plusieurs reprises, l’urbaniste-coordonnateur Benoît Lapointe a expliqué ce qu’était la particularité d’un PPCMOI.

Par ailleurs, comme une partie de la construction du projet se fera en zone humide, une autre partie du terrain doit être protégée pour compenser cette perte, comme le prévoit la Loi sur l’environnement.

Les responsables du Petit quartier ont choisi quant à eux de remettre 60 % de leur terrain, soit 5,9 hectares, à la Ville de Sherbrooke, à condition que cette zone devienne une aire de conservation, au même titre par exemple que le Marais Réal-D. Carbonneau ou encore le Bois Beckett. Une condition qui a été acceptée par la Ville de Sherbrooke.

« Est-ce que ça veut dire que tous les citoyens auront accès à cette zone? » a demandé la conseillère du district du Pin-Solitaire, Hélène Dauphinais. « Oui », a répondu M. Lapointe.

Certains citoyens présents à la Ville ont cependant sourcillé devant ce don fait à la Ville, proposant plutôt qu’on utilise cet espace pour reculer les maisons qui doivent être construites derrière la rue Duplessis.

Enfin, la question de l’évaluation des maisons est revenue sur la table. Certains ont peur que leur résidence perde de la valeur, même si la Ville leur a confirmé le contraire lors de la rencontre citoyenne organisée plus tôt en septembre.

M. Brien a également rappelé que le chemin Duplessis sera bientôt « urbanisé », ce qui signifie entre autres que des trottoirs et une piste cyclable y seront construits, et que, par conséquent, la valeur de leur maison en bénéficiera.

Prochaine étape

Le 2 octobre prochain, les élus de l’arrondissement auront à rapporter devant le conseil le résumé de cette consultation publique. Puis, le 5 octobre, il sera possible pour les citoyens concernés de demander la tenue d’un registre qui pourrait, éventuellement, mener à un référendum.

Accusée durant la rencontre de soutenir les partisans du Petit quartier, la conseillère municipale du district Danielle Berthold s’est défendue en soutenant qu’elle laissera le processus « suivre son cours ».

Si ce projet devait tomber, le secteur sur lequel doit prendre place le Petit Quartier est zoné pour permettre la construction de jumelés, a par ailleurs rappelé M. Lapointe aux citoyens présents.

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