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Des jeunes de l'Estrie en route vers la finale canadienne d'Expo-sciences

Trois lauréats de l'Estrie participeront à la finale de l'Expo-sciences pancanadienne qui aura lieu du 15 au 20 mai à Montréal. Les requins, la physique quantique, les corps célestes gazeux seront à l'honneur avec les projets d'Olivier Blais, de Marianne Drolet-Sénéchal et de Gerry Nour Chamaa.

Un texte de Guylaine Charette

Ces jeunes se sont distingués à la finale provinciale et tenteront maintenant de séduire les juges à l'ultime compétition.

Le requin, un allié pour l'humanité

Avec son projet, Les dents de la mer, Olivier Blais veut sensibiliser la population à la contribution exceptionnelle et méconnue des requins. Ces poissons souvent perçus comme une menace pourraient bien sauver des vies.

Après avoir épluché les recherches les plus récentes, le jeune Olivier a découvert que la squalamine, un anticorps présent notamment chez la centrine commune, un requin qui vit notamment en Méditerranée, pourrait contribuer à combattre le cancer, la sclérose en plaques ou encore l'Alzheimer.

En présentant son projet, le finaliste espère changer les perceptions et combattre les préjugés. « Loin d'être un danger, le requin pourrait servir l'humanité », conclut-il.

Loterie quantique

Comment protéger les systèmes informatiques bancaires ou de communications contre les pirates? La réponse pourrait se trouver dans les suites de nombres véritablement aléatoires. C'est le sujet qu'a décidé de développer Marianne Drolet-Sénéchal. La jeune fille a eu accès au laboratoire de physique quantique de l'Université de Sherbrooke dirigé par le professeur Bertrand Reulet.

Ce dernier a mis au point un montage expérimental utilisant une jonction-tunnel (sous instance de brevet) qui pourrait éventuellement être intégré dans les ordinateurs. La lauréate provinciale a voulu « tester si des suites de nombres générés à l'aide d'une jonction-tunnel pourraient être considérées comme véritablement aléatoires ».

La réponse est que ces suites de nombres sont considérées par des tests statistiques standards comme étant plus aléatoires que les suites de nombres utilisées généralement. Pour arriver à cette conclusion, la chercheuse a dû apprivoiser la programmation informatique et multiplier les manipulations pour démontrer que le dispositif joue un rôle crucial.

La jeune fille est fière de participer à de la recherche fondamentale. Les RNG (Random number generator) sont essentiels pour générer des clefs utilisées en cryptographie. « Comme il n'y a pas d'algorithme à la base des RNG, il serait impossible d'infiltrer des systèmes protégés de cette manière », explique-t-elle.

Les nombres aléatoires pourraient aussi être utilisés pour simuler par ordinateur des pandémies, des prévisions météorologiques, etc. Ils peuvent aussi contrer la tricherie à la loterie. Le véritable hasard repose sur les suites de nombres véritablement aléatoires.

Une nébuleuse en 3D

Gerry Nour Chamaa, 19 ans, du Cégep de Sherbrooke, qui n'était pas disponible lors de la rencontre, participera également à l'Expo-sciences pancanadienne avec son projet Une perspective nébuleuse. Ses recherches l'ont amené à modéliser en trois dimensions, une nébuleuse, un corps céleste constitué de gaz. 

Les trois jeunes misent sur la justesse de leurs démonstrations pour remporter les grands honneurs à la finale pancanadienne qui réunira 500 participants et où plus d'un million de dollars seront offerts en prix.

Autres lauréats

Deux autres représentants de l'Estrie se sont illustrés à la finale provinciale, sans obtenir toutefois leur laissez-passer pour l'Expo-sciences pancanadienne : Nicolas Gagnon et Marion Thénault.

Vasopresseurs: trouver le bon dosage

Nicolas Gagnon, finissant à l'ordre collégial du Séminaire de Sherbrooke, s'est intéressé aux vasopresseurs, un médicament administré aux personnes qui ont subi de graves traumatismes.

Il a pu travailler avec l'équipe du Dr François Lamontagne, directeur du projet de recherche OVATION (Optimal VAsopressor TitraTION). Après avoir analysé 111 cas de figure, Nicolas Gagnon conclut que les vasopresseurs (qui augmentent la pression artérielle, mais qui peuvent aussi dans certains cas diminuer la bonne irrigation des organes) semblent augmenter les risques de décès sans établir toutefois de lien causal. Selon lui, il faudrait revoir la méthode de soins auprès des personnes âgées de 60 ans et plus qui reçoivent souvent des doses plus importantes.

« On ne connaît pas encore l'effet global des vasopresseurs », précise l'étudiant qui espère entreprendre des études en médecine.

Contrôler le spin

Dans le cadre de sa recherche, Marion Thénault a pu travailler au laboratoire de physique quantique de l'Université de Sherbrooke, un laboratoire qui tente de créer un ordinateur quantique capable de réaliser des calculs impossibles avec les ordinateurs d'aujourd'hui.

Pour y arriver, il faut résoudre un certain nombre de problèmes : contrôler l'une des propriétés intrinsèques de l'électron, le spin, fait partie des défis.

Une des méthodes de développement expérimentales consiste à ajouter un micro-aimant. Le hic, c'est qu'il crée un court-circuit. « Pour empêcher les courts-circuits, il faut intégrer un isolant électrique entre la boîte quantique et le micro-aimant », explique Marion Thénault, une manoeuvre délicate qui se calcule en nanomètres.

Cinq jeunes, cinq projets, une même soif d'apprendre, d'expérimenter, de remettre en question. L'avenir se présente bien.

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