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Des locataires se voient déjà interdire de fumer du cannabis en juillet

Des locataires de logement se voient déjà interdire de fumer du cannabis dès le premier juillet alors que les propriétaires de logements locatifs se préparent, eux aussi, à la légalisation prochaine de la marijuana.

Dans une lettre de renouvellement de bail dont Radio-Canada a obtenu copie, Normand Poulin, un propriétaire de Sherbrooke indique qu'il sera interdit de consommer du cannabis « par tout mode qui provoque de la fumée ou des odeurs » dans le logement et « sur le balcon ».

« C'est d'éviter que la fumée secondaire incommode les locataires qui, parfois, peuvent être des familles avec des enfants. Ce n'est pas tout le monde qui veut respirer l'odeur du cannabis », explique Normand Poulin.

Plusieurs propriétaires de logements locatifs devraient l'imiter au cours des prochaines semaines, tant à Sherbrooke qu'ailleurs au Québec. Les recommandations proviennent de l'Association des propriétaires du Québec (APQ) et du Regroupement des propriétaires d'habitations locatives (RPHL).

« Ce que le RPHL recommande, c'est d'interdire la fumée de cannabis », mentionne la directrice adjointe du RPHL, Annie Lapointe.

Dans un sondage tenu par l'APQ auprès de ses membres, 70 % des répondants ont prévu inscrire au bail une clause pour interdire la culture et la consommation de marijuana dès le 1er juillet.

« C'est tout à fait légal en fait d'ajouter ou de changer des conditions à l'intérieur du bail. Le locataire à ce moment-là a le choix d'accepter ou de refuser », précise Annie Lapointe.

Dans le cas d'un refus, un locataire pourra contester le nouveau règlement ajouté à son bail auprès de la régie du logement, qui devra trancher.

Une mesure « discriminatoire »

L'Association des locataires de Sherbrooke juge quant à elle que les locataires devraient avoir le contrôle sur ce qui se passe dans leur logement.

« Dans le logement nous on trouve ça trop. C'est où ça va s'arrêter cette discrimination-là? demande le coordonnateur de l'Association des locataires de Sherbrooke, Normand Couture. En mettant des restrictions comme celles-là, ça fait en sorte que les ménages locataires ont de moins en moins accès aux logements. »

« Souvent, on a vu des cas où les balcons sont adjacents aux fenêtres des voisins, donc, c'est vraiment pour la saine gestion de l'immeuble qu'on est parfois obligé d'imposer ce type de conditions-là », défend Annie Lapointe.

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