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Des mesures pour diminuer les risques de cancer chez les pompiers du Québec

Un guide des bonnes pratiques sera disponible dans les prochaines semaines pour aider les services incendie à mettre en place des mesures pour diminuer les risques chez les pompiers.

Personne ne doute que le métier de pompier est dangereux, mais même une fois l'intervention terminée, le risque s'incruste. Depuis avril 2016, la Commission des normes, de l'équité de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a reconnu sept types de cancer comme étant des maladies professionnelles chez les pompiers.

Ça va changer la mentalité, la culture et les façons de faire.

Pascal Gagnon, conseiller en prévention APSAM

Le mot clé : la décontamination. Par exemple, les habits de combat doivent être passés à l'eau et à la brosse sur les lieux même de l'intervention. Certains équipements devront aussi être nettoyés sur place.

« La suie est le contaminant par excellence qu'on reconnaît parce qu'il est visible. Par contre, tout ce qui est gaz toxiques qu'on ne peut voir à l'air libre va ressortir de l'habit de combat après une intervention, donc la contamination peut être autant cutanée que respiratoire. Il faut travailler à bloquer cette contamination-là », explique Pascal Gagnon, qui a participé à l'élaboration du guide en tant que conseiller en prévention à l'Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur affaires municipales (APSAM).

Des laveuses à la caserne!

Pour faciliter la tâche de la décontamination, plusieurs services incendie se sont déjà munis de laveuses spécialisées à même les casernes. C'est le cas à Drummondville qui suggère aussi de nouvelles façons de faire à ses pompiers. Le chef de division aux opérations, Yves Beauregard, insiste sur de petits gestes, même pendant les pauses lors d'une intervention qui peut durer des heures.

« Il faut prendre l'habitude de prendre une cagoule neuve, prendre des lingettes, s'essuyer les mains, le visage, et ce, même avant de retourner combattre le feu », indique-t-il.

Dès mars 2017, le service de protection des incendies de Drummondville imposera une nouvelle directive pour uniformiser les gestes à poser pour prévenir le cancer.

On veut officialiser et uniformiser nos pratiques au sein de toutes les équipes.

Yves Beaurivage, directeur par intérim du Service de sécurité incendie à Drummondville

Dans le guide de la CNESST, le port de l'appareil respiratoire sera aussi recommandé même s'il n'y a pas de fumée.

« Les incendies modernes ont changé comparativement aux incendies d'il y a plusieurs années [...] Ça entraîne une panoplie de matières dangereuses », ajoute Pascal Gagnon.

Les pompiers n'ont pas ça de manière innée en eux.

Daniel Pépin, président du Syndicat des pompiers et pompières du Québec

Les pompiers devront s'habituer, de dire le président du syndicat qui représente plus de 4400 pompiers au Québec. Daniel Pépin espère que la partie patronale sera aussi vigilante dans l'application des nouvelles règles. Les comités de santé et sécurité de tous les services de protection contre les incendies devront établir leurs propres procédures. Le message devra passer aussi dans les plus petites municipalités où les pompiers sont à temps partiel ou volontaires.

Des cas de cancer

Selon les données de la CNESST, 11 cas de cancer ont été reconnus chez les pompiers entre 2011 et 2015 au Québec. Le Syndicat des pompiers et pompières du Québec tente actuellement d'obtenir de l'aide pour trois autres de ses membres atteints de cancer.

À lire aussi : Pompier, un métier à risque de cancer

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