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Des millions de dollars en primes de départ à des cadres de la santé en Mauricie-Centre-du-Québec

La direction de la santé et des services sociaux de la région a accordé près de 6 M$ d'indemnités de départ à ses cadres depuis le 1er janvier 2015, a appris Radio-Canada via la Loi d'accès à l'information.

Un texte de Sarah Désilets-Rousseau

Le 1er avril 2015 marquait la création du CIUSSS MCQ, qui regroupait les établissements de santé et de services sociaux de la région. Avant la fusion, les 12 établissements et l'agence de santé comptaient environ 620 gestionnaires, alors qu'il y en avait 485 un an après la fusion.

La direction se défend

Le président-directeur général du CIUSSS MCQ estime que ces départs ont permis des économies de l'ordre de plusieurs millions de dollars par année.

« En 2015-2016, ça été 5 millions net, mais en 2016-2017, c'est 10 millions net d'économies. [Ces économies] ont été, comme le prévoyait le Dr. Barrette, des diminutions importantes au niveau de la bureaucratie, pour réinvestir au niveau des services à la population », explique Martin Beaumont. Il s'est dit très content et fier des résultats obtenus.

Les syndicats indignés

« C'est quelque chose qui est aberrant. Oui, ça existe depuis la loi 10 en fait, la fermeture des agences et la création de nos structures mamouth, les CISSS et les CIUSSS, qu'on vit ici. C'est du gros gaspillage d'argent », déplore le président du Syndicat des employés de bureau du CIUSSS, affilié à la CSN, Frédérick Beaulieu

Même son de cloche au Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie-Centre-du-Québec à la FIQ, qui représente les infirmières et les inhalothérapeutes des services de santé de la région.

« En fait, c’est astronomique, c’est de l’argent qui aurait pu être mieux investi », regrette la présidente du syndicat, Nathalie Perron.

Elle se dit préoccupée aussi et surtout par l'expertise perdue depuis l’abolition de l’agence de santé et de services sociaux.

« On a eu des chefs qui étaient par exemple à l'urgence qui se sont ramassées en CHSLD et dans un autre établissement, donc ils ont dû déménager, sont passés par exemple de Nicolet à Victoriaville », explique-t-elle.

Des cadres à bout de souffle

Les deux syndicats mentionnent qu’ils perçoivent la surcharge de travail non pas seulement chez les employés, mais aussi chez les cadres.

« Nos gestionnaires sont embourbés... ils ont du travail à n'en plus finir. Les employés ne voient plus les gestionnaires, ne voient plus les cadres. Leurs supérieurs immédiats sont toujours en rencontres, ou en déplacement d'un établissement à l'autre puisque leurs employés sont dans plusieurs établissements. Ils peuvent se promener de Shawinigan, à La Tuque, à Drummondville », déplore le président du syndicat des employés de bureau, Frédérick Beaulieu

En juillet dernier, la Cour supérieure du Québec donnait raison aux cadres du réseau de la santé qui avaient intenté un recours contre Québec. Ils réclamaient que l'indemnité de départ puisse couvrir jusqu'à 24 mois de salaire, plutôt que les 12 mois décrétés par le ministre Gaétan Barrette. La juge Suzanne Ouellet avait donné raison aux cadres.

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