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Des millions de dollars facturés faute de stationnements par le CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Près de 50 000 $ seraient facturés chaque semaine à la SAAQ et la CNESST par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS pour permettre à une soixantaine d'employés du Centre de réadaptation de l'Estrie de se trouver un stationnement, a appris Radio-Canada.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS facture 144,50 $ de l’heure à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et à la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) lorsque ses ergothérapeutes, physiothérapeutes et autres professionnels doivent donner des soins à domicile.

Un sondage commandé par l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux de l’Estrie (APTS) dont les résultats ont été connus mardis révèle que chacun de ces 67 employés appelés à se déplacer aux frais de la SAAQ et de la CNESST perdrait en moyenne une heure par jour dans le stationnement à l’aller et au retour de leur rendez-vous.

Depuis l'arrivée des nouveaux horodateurs, ces derniers ne possèderait plus de vignette spéciale leur permettant de se stationner où bon leur semble. Les employés qui détiennent une vignette de stationnement sont limités à l'espace pour employés. Or, celui-ci est toujours plein, indique le porte-parole de l'APTS, Emmanuel Breton, ce qui force les autres à perdre un temps précieux à trouver un stationnement à parfois 20 minutes de marche de leur lieu de travail.

« C’est 335 heures par semaine et 2,5 millions de dollars par année qui sont payés dans le vide, alors qu’au CIUSSS de l’Estrie-CHUS on a un déficit qui avoisine pour le moment 25 millions de dollars. On peut imaginer les coûts réels et les services qui ne sont pas donnés à la population pour maintenir de beaux mollets chez nos employés », déplore M. Breton.

« On est allé avec un salaire moyen chez nos professionnels, mais si on inclut tous les professionnels et techniciens à la grandeur du CIUSSS, c’est clair que ce montant-là est plus grand, fait remarquer Emmanuel Breton.

Également une perte de services

Au-delà du coût engendré par la problématique, Emmanuel Breton dénonce avant tout la perte de service importante pour la population qu'elle occasionne.

« Quelqu’un qui pourrait prendre son véhicule tout de suite à la sortie pourrait voir un nombre de patients plus grand, pourrait diminuer le nombre de personnes sur la liste d’attente et donner des services plus rapides aux gens qui en ont clairement besoin. »

Plusieurs autres syndicats ont émis le souhait de rencontrer l’APTS le 13 avril prochain pour se pencher sur le temps perdu en quête de stationnement par leurs membres. L’APTS souhaite que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, reconnaisse quant à lui les impacts des changements apportés à la gestion des stationnements du CIUSSS de l'Estrie-CHUS l’an dernier.

Avec les coûts qu’on révèle aujourd’hui, je pense qu’il y a matière à avoir une écoute un peu plus active du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, mais surtout de la part du Dr Barrette, qui nous dit que ces décisions-là n’ont jamais d’impact sur les services à la population », résume Emmanuel Breton.

Sans vouloir commenter les résultats du sondage de l'APTS, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS s'est dit quant à lui au fait de la situation et assure travailler sur des alternatives pour la résoudre.

« Malheureusement, ce sont des solutions qui prennent un certain temps à être mises en place et on va en voir les fruits sans doute à l'automne prochain », a mentionné le directeur des services techniques, Jean Ferland.

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