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Des policiers bénévoles au service du don d'organes

Quarante fois le tour de la Terre. C'est la distance approximative que les véhicules de l'Association canadienne des dons d'organes ont réalisé depuis 30 ans. Au printemps 1987, les policiers de Sherbrooke ont été les premiers à se donner la mission de mener à bon port ces précieux dons pour la vie.

C'est la semaine nationale des dons d'organes qui débute, mais peu importe la période, Richard Tremblay n'arrête jamais. Celui qui a dirigé l'ancien service Métro Police pour Ascot-Lennoxville a adopté la cause des dons d'organes dans les années 1980 et sa passion ne s'étiole pas.

« J'ai beaucoup de temps à donner. C'est pas moi qui fais le transport n'étant plus policier, ça me permet de m'occuper de la cérémonie, du monument, des familles des donneurs... »

Le président de l'Association canadienne des dons d'organes (ACDO) est fier de voir que l'idée qui a germé à Sherbrooke continue de grandir. Un an après sa formation, en 1984, l'association tient un téléthon sur les ondes de Radio-Canada dans les studios de Sherbrooke.

« Un premier téléthon non pas pour amasser des sous, mais pour distribuer des cartes de dons d'organes à travers le pays », précise-t-il. Son ami Jean-Jacques Bégin, en attente d'un rein, l'avait incité à faire une action pour encourager les dons qui se faisaient plus rares à l'époque.

Problème de transport

Par contre, la question du transport des organes posait problème. Il fallait mobiliser une ambulance de Sherbrooke pour faire la route vers Montréal, mettant en péril la couverture du territoire. D'où l'idée d'investir les policiers d'une mission puisqu'ils sont formés pour sauver des vies, aider la population et conduire leurs véhicules dans les situations d'urgence.

Un premier véhicule réservé pour le transport d'organes a donc pris la route de Sherbrooke vers Montréal en 1987. Aujourd'hui, la flotte de l'ACDO en compte 11 à la grandeur du Québec. Derrìère le volant, des policiers municipaux, provinciaux ou fédéraux donnent de leur temps pendant leur journée de congé et souvent la nuit.

« Un transport peut durer sept à huit heures pour le policier, alors c'est beaucoup d'engagement et moi je tiens à leur dire un gros merci » ajoute l'ex-chef de police. Ce sont des agents de la paix qui desservent l'aéroport Pierre-Elliot-Trudeau pour les équipes en provenance d'autres provinces.

Le lieutenant Martin Lagueux du Service de police de Sherbrooke (SPS) a décidé d'offrir de son temps après le décès de sa grand-mère.

« Son nom est inscrit sur l'épitaphe parce qu'elle a donné des organes pour le suivant. J'ai voulu continuer, explique le policier bénévole depuis 1998. C'est le sentiment de donner au prochain, que quelqu'un va vivre. » Il se rappelle avoir fait entre 15 et 20 transports dans la même année. Des transports parfois urgents, parfois moins. « Mais il faut toujours y aller de façon prudente », ajoute le policier.

Les policiers transportent aussi les équipes médicales spécialisées. « Un médecin transplanteur va vous dire : "plus vite on transplante, mieux sont les conditions de réussite" », explique Richard Tremblay. Dans le cas d'un donneur multiple, il peut y avoir jusqu'à quatre unités de transport pour acheminer les organes dans différents hôpitaux : une pour le coeur, les poumons, le foie et les reins. La coordination est assurée par Transplant Québec.

« L'autre jour, j'étais sur le pont Champlain, raconte avec émotion Richard Tremblay. C'était la congestion totale. J'entendais des sirènes. C'était trois véhicules de dons d'organes en même temps! Je les voyais nous tasser l'un après l'autre et je me disais il y a des vies qui vont être sauvées ce soir et je trouvais ça magnifique! »

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