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Des réactions mitigées en Estrie envers le contrat historique d'Hydro-Québec

L'entente historique qu'a conclue Hydro-Québec jeudi a suscité de vives réactions en Estrie, où plusieurs ont lutté fermement pendant des mois pour que la société d'État enfouisse une partie de son futur réseau électrique associé au projet Northern Pass.

Plus important legs écologique de conservation en terre privée de l'histoire du Québec, la forêt Hereford a été au coeur de nombreuses discussions lors des rencontres citoyennes entourant ce projet.

Ce n'est qu'en novembre dernier qu'Hydro-Québec a opté pour l'enfouissement pour son projet Northern Pass, après avoir allégué depuis le début qu'il s'agissait d'une option trop coûteuse.

« Bien humblement, on s'attribue une partie du mérite que l'offre d'Hydro-Québec ait été sélectionnée. Je pense qu'on a fait que c'est un meilleur projet et on ne peut pas dire qu'Hydro-Québec a compris ça tout de suite. Ç'a pris vraiment une coalition régionale très large, ç'a pris des appuis d'organismes nationaux, ç'a pris l'implication de députés et du ministre Luc Fortin », souligne Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

« C'était nécessaire qu'on fasse ces demandes-là, qu'on fasse cette bataille, et ça nous confirme que nos demandes étaient justifiées. La coalition n'a pas fait couler le projet comme certains l'avaient prétendu », ajoute la directrice générale de Corridor appalachien, Mélanie Lelièvre.

L'enfouissement de la ligne électrique sur une distance d'une quinzaine de kilomètres sous la forêt Hereford est estimé à 60 millions de dollars. Il s'agit d'une bagatelle, estime Jacinthe Caron, directrice du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, en regard des milliards de dollars qu'espère engranger Hydro-Québec avec sa nouvelle entente.

« Ç'a pincé à l'intérieur, de voir à quel point c'est un projet d'importance qui va ramener tellement de revenus au Québec et que ça ait demandé autant d'énergie pour faire comprendre le gros bon sens. Je pense que plus que jamais, on se rend compte à quel point la modification représente une pinotteau budget pour protéger le milieu », mentionne-t-elle.

Inquiétudes sur l'empreinte écologique

Le Conseil en environnement de l'Estrie s'inquiète, quant à elle, des possibles impacts sur l'empreinte écologique que laissera ce projet. Selon l'organisme, l'enfouissement des lignes ne se fera pas sans impacts.

« On était content que les lignes soient enfouies, mais on reste concerné sur la façon que le travail se fera sur le terrain. Ça ne sera pas sans impacts. On va rester à l'affût. Si ça ne se passe pas d'une manière favorable pour le milieu, on sera là », soutient la directrice du Conseil en environnement de l'Estrie, Jacinthe Caron.

« Ça pince à l'intérieur quand on voit qu'un projet d'une telle importance, qui va ramener tellement de revenus au Québec, qui a demandé tellement d'énergie pour faire comprendre le gros bon sens, on comprend plus que jamais à quel point c'est une peanut de faire une modification financière pour protéger le milieu », ajoute-t-elle.

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