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Deux ans après Karibu : Marie-Andrée Fortin et Bruno-Pierre Couture toujours à l'aventure

Vélo et randonnée en Amérique du Sud, escalade de glace au Québec, périples au Maroc, en Europe et en Inde. Les deux Estriens du projet Karibu, qui ont parcouru Montréal-Kuujjuaq en ski de fond il y a presque deux ans, accumulent les aventures et les expéditions depuis leur retour du Grand Nord. Que sont devenus Marie-Andrée Fortin et Bruno-Pierre Couture? Mylène Grenier s'est entretenue avec eux.

La déprime du retour après avoir parcouru 2000 kilomètres en ski de fond, Bruno-Pierre Couture ne l'a pas connue! Son périple lui avait laissé le temps de penser à la vie qu'il voulait vivre, à ses priorités. Un emploi à temps plein, ce n'est pas pour lui. Il a fait le choix de travailler quelques mois par année afin d'avoir l'argent nécessaire pour vivre et s'adonner le reste du temps à sa passion : l'aventure.

« Qu'est-ce que qui est réellement important. Travailler, faire de l'argent et te payer une grosse maison? Ou c'est de vivre comme on l'a fait pendant un an et où là, on a vraiment vraiment tripé? On s'est dit : "Ça, c'est un bon set up de vie. Tu travailles fort six mois et après ça, tu peux vivre et triper pendant six mois" », souligne Bruno-Pierre.

« On a réalisé que la vie, ça ne coûte pas si cher. Tu regardes ce que les gens font, là où ils dépensent. Un café Tim Hortons chaque matin, ça coûte 2 dollars, disons. Ça fait 700 dollars par année de petits cafés. Ton bonheur de petit café vaut-il 700 dollars par année? », demande-t-il. 

Alors, pas surprenant d'apprendre qu'un mois après son retour du Grand Nord Bruno-Pierre est parti pour une année de ski hors-piste en Amérique du Sud avec sa copine. Au retour, direction l'Ouest canadien pour quelques mois, puis retour au Québec pour affronter les plus belles cascades de glace.

Il a également remis en question son travail de guide après avoir réalisé que ses aventures étaient davantage une passion personnelle. Il vit maintenant à Invermere, en Colombie-Britannique.

Du temps pour souffler pour Marie-Andrée

De son côté, Marie-Andrée Fortin est retournée dans le Grand Nord après l'expédition. Elle est devenue entraîneuse de ski de fond et a fait partie d'une équipe qui s'appelle Jeunes Karibu.

De jeunes élèves de différentes communautés du Nunavik participent à ce programme en leadership tout au long de l'année scolaire. Leur plus gros défi consiste en une expédition de ski de fond. 

« On a semé des petites graines, des étoiles, mais les gens, là-bas, se sont mobilisés et le mouvement s'est enchaîné naturellement », raconte-t-elle avec le sourire.

Le fait de s'impliquer avec Jeunes Karibu ne l'a pas empêchée de continuer ses contrats de guide d'aventure, notamment pour la montée du Kilimandjaro, en Tanzanie, et des escapades au Maroc et en Europe.

Et c'est sans oublier des voyages en Inde et au Kurdistan.

Le temps pour souffler un peu se faisait rare, jusqu'à tout récemment. Son copain a déniché un emploi dans le nord du Québec. Ils habitent à Kangiqsualujjuaq, au Nunavik.

« C'est le premier moment où je m'arrête vraiment. Je suis sans emploi et à la charge de mon chum; je suis considérée comme femme au foyer. Je vis ça pour la première fois de ma vie. Je suis heureuse de ça », confie Marie-Andrée.

« J'avais hâte de revenir dans ma zone de confort, poursuit-elle. J'étais un peu fatiguée, physiquement et psychologiquement, d'être toujours celle qui est forte, qui n'a pas peur, qui est capable de mettre un pied dans le froid, de toujours être en train de camper. Ça fait du bien parfois de savoir où se trouve sa brosse à dents le matin et qu'on peut avoir un tiroir de linge propre tous les matins. »

Gravir les montagnes

Bruno-Pierre se lance par ailleurs un autre défi avec Jacob Racine, un autre membre de l'expédition Karibu. Cette fois, ils invitent la population à se joindre à eux pour gravir les plus hauts sommets de chaque province du Québec.

L'aventure commence le 16 septembre au mont Columbia, en Alberta, et se termine le 1er octobre en Nouvelle-Écosse, sur le mont White Hill. 

« Ce qui est intéressant, c'est que la liste est accessible à tout le monde. L'Île-du-Prince-Édouard, ça fait 153 mètres et on peut se rendre en auto au sommet. Ce n'est pas un défi physique, ça va être un trip de gang. L'objectif, c'est de faire triper le monde qui aime ça. Juste pour montrer aux gens que ça prend juste une bonne idée pour avoir du plaisir. Souvent, ce sont les idées folles qui sont les meilleures », souligne Bruno-Pierre.

Et les rêves?

Quand on leur demande s'ils ont un rêve, les deux comparses répondent qu'ils ont plutôt beaucoup d'idées d'aventure. « En vieillissant, j'ai accompli beaucoup de mes rêves. Je dirais que j'ai plein de petits projets, comme Bruno-Pierre. Je te dirais qu'un beau petit projet serait de fonder une famille bientôt », confie-t-elle.

Photos fournies par Bruno-Pierre Couture et Marie-Andrée Fortin

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