« Mes chats sont l'âme de ma maison. »

Un portrait de Carl Marchand

Si cette phrase inscrite à l'entrée de la maison de Diane Deilgat-Leduc dit vrai, sa résidence doit avoir beaucoup d'âme. Parce que Mme Deilgat-Leduc a beaucoup de chats.

Une cinquantaine de félins ont trouvé refuge dans son coin de pays à Notre-Dame-des-Bois, près de la frontière américaine. Non, ce ne sont pas tous « ses » chats.

Elle accueille les abandonnés et ceux qui errent dans les alentours, le plus souvent à l'automne lors de la fermeture des chalets. Lors de notre entretien, son refuge en accueillait une cinquantaine.

Ça part d'où, cet amour des chats?

« Quand j'étais petite, ma grand-mère restait à Montréal et je l'achalais tout le temps pour qu'elle prenne soin des chats dans la ruelle », explique-t-elle.

Bref, l'animal de compagnie a toujours été dans sa vie. Il n'y a pas si longtemps, elle n'avait que trois chats, qui accompagnaient cependant le couple partout en vacances.

La native de Montréal réussit à quitter sa ville pour s'installer en campagne quand elle décroche un emploi à l'Observatoire du mont Mégantic.

Puis, en 2003, la Municipalité cherche quelqu'un pour donner un refuge aux animaux. Diane lève la main.

« Rontonthérapie » : le pouvoir secret des chats

Avoir 50 chats dans sa vie impose un ouvrage quotidien imposant : passer l'aspirateur tous les jours et, évidemment, changer les litières.

Diane Deilgat-Leduc doit être relayée par des bénévoles lorsqu'elle quitte la maison. Il y aussi les mille et un travaux pour récolter de la nourriture - donnée par des entreprises - les activités de financement et les voyages avec un groupe de huit minets pour la stérilisation.

Et les chats, ont-ils la capacité de sentir les événements, comme certains problèmes de santé?

« Je n'ai rien remarqué de spécial », confirme Mme Deilgat-Leduc, après une longue réflexion.

Non, le pouvoir des chats n'est pas dans la prémonition. C'est plutôt dans cette implacable capacité d'instaurer le calme. 

« J'appelle ça de la rontonthérapie », confie-t-elle. 

S'endormir entourée d'une armée de félins, c'est un billet aux premières loges d'un concert de ronronnement jusqu'au sommeil. On finit toujours par développer des trucs quand on a 50 chats.

« Ils ont tous une caractéristique », dit-elle, concédant que le grand nombre de félins noirs peut rendre l'identification plus difficile.

Filou : la mascotte du refuge

Si on veut avoir des animaux et être responsable, il faut faire quoi, Madame Diane?

« Pour un chat, la première affaire, c'est de le faire stériliser. Puis, il faut le garder à l'intérieur, à moins d'avoir une cour. Ici, ils ont un enclos et peuvent y aller à volonté. »

Et ne lui parlez pas de dégriffage. Il existe beaucoup d'autres solutions pour avoir des chats et des meubles en bon état, selon elle.

Les chats restent au refuge jusqu'à ce qu'ils aient trouvé quelqu'un pour les adopter. Diane Deilgat-Leduc se rappelle presque tous les noms de la bande de 50 félins.

Il n'y a pas de passe-droit, mais l'un de ses préférés, c'est Filou. Il est entré chez Madame Diane une première fois au tournant des années en 2000. Puis, sa maîtresse adoptive l'y a ramené, en 2011.

« Sa propriétaire est décédée et c'était dans son testament qu'il revienne au refuge », dit-elle, encore émue.

À ne point en douter, Diane Deilgat-Leduc mène maintenant une retraite bien occupée. À l'écouter, tenir une maison avec une armée de félins n'est pas si compliqué que ça. Mais il y a une règle bien simple.

« Il faut connaître ses limites », dit-elle.

Chacun son métier et les chats seront bien gardés.

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