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Discussions à Sherbrooke sur les moyens de financer le logement social 

Québec a entamé une révision de ses programmes en matière de logement abordable et une délégation du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire s'arrêtait lundi à Sherbrooke pour tenir la dixième consultation publique de sa tournée provinciale. 

Après une discussion en présence des élus en avant-midi, c'était au tour des organismes communautaires et du secteur privé de s'exprimer en après-midi sur les différents enjeux liés au logement social, et de cogiter sur des pistes de solution.

Plus de flexibilité pour AccèsLogis 

Pour Éric Cimon, directeur général de l'Association des groupes de ressources techniques du Québec, celle-ci passe par une bonification du programme AccèsLogis, qui finance des projets d'habitation sociale et communautaire. 

« Les besoins sont grandissants pour l'habitation communautaire. Les gens ont besoin de meilleures conditions, de meilleur financement pour réaliser des projets et pour les réaliser plus rapidement », souligne-t-il.

Eric Cimon explique que le guide portant sur les conditions d'admissibilité au financement avait « à la base un pouce d'épaisseur. Maintenant, c'est un cartable de plus de six pouces ».

Le programme, soutient-il, a besoin de plus de flexibilité pour répondre aux besoins d'aujourd'hui. « Quand on parle qu'on veut que ce soit plus rapide, on est encore en attente des unités qui ont été votées au budget du mois de mars. »

Guillaume Brien, directeur général de la Fédération des coopératives d'habitation de l'Estrie, abonde dans le même sens.

Le PSL, pas une solution à long terme 

Lors du budget 2014-2015, une partie du financement du programme AccèsLogis a été transféré au programme Supplément au loyer (PSL). Ce programme permet à certains ménages de payer un loyer correspondant à 25 % de son revenu, la différence étant versée au propriétaire par le programme.

« Le PSL a son utilité dans certaines circonstances, mais cela ne peut pas être le développement d'une politique en habitation. On veut une pérennité, explique Éric Cimon. Un milieu où les gens se développent et deviennent parties prenantes du projet. »

« Ça répond à des besoins, soutient Guillaume Brien. Dans l'habitation communautaire, il y a tout un tissu social. Si la personne est dans un loger privé et est isolée, on n'a rien gagné. »

Le privé milite pour le PSL

Bien qu'il admette que la construction d'habitation communautaire est nécessaire dans les régions offrant peu de loyers adéquats, le directeur de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CPIQ) estime que le PSL est beaucoup plus efficace pour aider les gens démunis.

« Construire des immeubles neufs, c'est très cher. Le gouvernement doit faire des choix », soutient Hans Brouillette.

Il rappelle que les délais peuvent être longs pour obtenir un logement et que la situation d'un individu peut nécessiter une réponse urgente, ce qui devient une raison de plus pour bonifier le PSL.

« L'aide est récurrente. Elle est plus rapide et plus flexible. On n'a pas à attendre la construction d'un immeuble. On peut aider plus de gens avec le même argent, soutient-il. Des propriétaires perdent des locataires qui vont s'installer dans des logements [communautaires], c'est illogique. Si les logements conviennent, s'ils sont propres, on peut les garder dans ces immeubles. »

Un coffre d'outils

La Société d'habitation du Québec estime pour sa part qu'un amalgame de différents programmes est nécessaire pour répondre aux besoins des différentes régions.

L'objectif, selon la Société, est d'aider le plus efficacement les locataires.

Les consultations se poursuivent jusqu'à la fin de l'année. Les différentes parties espèrent que des décisions seront prises à temps pour le prochain budget provincial.

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