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Dr Claude Cyr du CHUS publie un livre sur le deuil des enfants

Le pédiatre aux soins intensifs au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) Claude Cyr cosigne un livre sur le deuil et la mort d'un enfant.

Intitulé Ce vif de la vie qui jamais ne meurt, le livre a été écrit en collaboration avec la psychologue Johanne de Montigny.

Le Dr Cyr côtoie des enfants en fin de vie depuis des années dans le cadre de son travail.

« La mort d'un enfant est un phénomène assez fréquent. Au Québec, chaque année, 1000 enfants meurent. En Estrie, il y en a une soixantaine. Si on calcule, c'est un par semaine. On voit des nouveau-nés avec des malformations qui meurent, des enfants qui ont eu un accident de la route, d'autres avec le cancer qui meurent. Très rapidement, dans ma résidence, je me suis aperçu que des familles tristes, c'est quelque chose [dont] j'aurais à m'occuper pendant ma carrière », raconte-t-il.

Dans son livre, il échange avec Johanne de Montigny des réflexions, des souvenirs qui font ressortir le côté lumineux de ces moments de fin de vie, si difficiles à vivre. « C'est probablement la partie de mon travail avec laquelle j'ai le plus de plaisir. Souvent, on voit ça comme des événements tristes. C'est sûr qu'il y a beaucoup de tristesse et d'inquiétudes, mais souvent les familles veulent faire des choses spéciales. Des familles veulent répondre aux besoins des enfants. On se concentre beaucoup sur leur bonheur, leur confort », soutient le pédiatre.

C'est l'endroit où je dois utiliser plus mes capacités de clown, de magicien, de papa que de médecin. C'est vraiment un endroit où on rit beaucoup.

Dr Claude Cyr

Attendre avant d'en parler

Selon lui, il faut attendre que le sujet de la mort vienne de l'enfant pour en discuter. « Souvent, un enfant qui a une maladie potentiellement mortelle, on n'a pas besoin de lui apprendre qu'il a cette maladie. Il a des symptômes, des traitements : il sait qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Souvent, il va penser qu'il va guérir. On parle d'espoir, qu'on va se battre, combattre. Dans ses pensées, il se dit que peut-être qu'il va mourir. On l'écoute alors. On lui demande s'il est inquiet, s'il a peur. »

Dr Cyr soutient que les enfants qui vont mourir ont des choses simples à raconter. « Les plus jeunes ont peur de laisser leurs parents, de mourir seuls, d'avoir mal. Les plus vieux ont des questions sur la vie après la mort, sur ce qu'il va se passer après. Ce sont les discussions les plus difficiles. On essaie de profiter alors des croyances spirituelles des parents. Il faut écouter les enfants en parler pour amenuiser leurs inquiétudes. »

Le livre Ce vif de la vie qui ne meurt jamais est publié aux éditions Novalis.

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