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Du cinéma pour donner un répit aux proches aidants à Sherbrooke

Dans le cadre de la Semaine nationale des proches aidants qui se déroule du 3 au 9 novembre, la Société Alzheimer de l'Estrie a offert, mercredi, le visionnement gratuit du film Toujours Alice en collaboration avec l'organisme l'APPUI Estrie. Au total, 300 personnes ont répondu à l'invitation; la majorité étant des proches aidants.

Un texte de Brigitte Marcoux

Le film raconte le parcours d'Alice Howland, une femme mariée, mère de trois enfants et linguiste émérite qui reçoit, à l'âge de 50 ans, un diagnostic d'alzheimer précoce.

Qui sont les proches aidants?

L'organisme l'Appui Estrie estime qu'il y a 45 000 proches aidants dans la région. Il s'agit d'un membre de la famille, un ami ou un voisin qui effectue un minimum de 5 heures et demie d'accompagnement à une personne âgée.

La directrice générale de l'APPUI Estrie, Geneviève Côté, ajoute que plus la maladie évolue, plus cette personne s'engage dans l'aide qu'elle offre et c'est souvent là que l'épuisement survient. « Les proches aidants sont des êtres merveilleux qui s'oublient totalement dans l'aide qu'ils apportent à une personne. Souvent tout tourne autour de la personne en perte d'autonomie et le proche aidant a tendance à s'oublier lui-même. Les aidants ont besoin d'être soutenus, encouragés et validés dans ce qu'ils font. Ils doivent se changer les idées et garder leur réseau social pour s'évader un peu », relate Mme Côté.

L'impuissance et la culpabilité font partie des sentiments souvent exprimés. « Nous avons une ligne téléphonique d'écoute, d'information et de référence. Les gens nous appellent pour savoir à quel type d'aide ils ont droit et à qui ils doivent demander cette aide », explique Geneviève Côté.

Un film plutôt qu'une conférence

L'activité semble avoir atteint son objectif. Tous les billets ont trouvé preneur et l'émotion était palpable pendant le visionnement. « J'ai cinq oncles et tantes qui ont la maladie d'Alzheimer ou différentes atteintes cognitives. Je me suis toujours demandé comment ils vivaient avec cette maladie. Le film m'a permis de comprendre la personne atteinte, pourquoi ils agissent de telle façon. On voit aussi l'importance de l'amour de l'entourage, raconte Lucille Thibault avec émotion. C'est très difficile, on a du mal à dire non, mais je crois qu'il faut apprendre à lâcher prise. Il faut faire le deuil de la personne qu'on a connue ou qu'on a aimée. C'est des décès continuels. »

André Yergeau, lui, a été proche aidant pour ses beaux-parents et ses parents. « Je suis maintenant libre de ça et j'en remercie le Seigneur. Aujourd'hui je suis bénévole à la Société Alzheimer et je trouve que le film explique toute la cruauté de la maladie. Je pense aux personnes malades, mais surtout à l'entourage qui supporte dans l'épreuve. C'est une maladie qui est lourde. Quand l'actrice dans le film dit qu'elle aurait préféré avoir le cancer, je me demande à quel point elle a raison », mentionne-t-il.

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