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Échec au crime : 20 ans à élucider des crimes en toute confidentialité

Né il y a 20 ans à Sherbrooke, l'organisme Échec au crime a permis de faire la lumière sur plusieurs enquêtes policières. Si les informations anonymes provenant du public ne permettent pas toujours l'aboutissement d'une investigation, elles peuvent parfois les faire progresser.

Un texte de Brigitte Marcoux

La petite histoire d'Échec au crime a pris naissance en 1976 aux États-Unis. Un policier qui avait du mal à résoudre une enquête de meurtre a décidé créer une ligne téléphonique anonyme afin de recueillir de l'information pouvant lui permettre d'élucider l'affaire. La stratégie a porté ses fruits. 

Vingt ans plus tard, un groupe de Sherbrooke décide, en mai 1996, d'imiter cette façon de faire en créant Info-Crime, devenu plus tard Échec au crime. 

« C'est un service qui appartient au public, c'est géré par des gens du public. Ce n'est pas un organisme policier. C'est un organisme qui reçoit de l'information et qui la filtre pour être certain que personne ne pourra être identifié. L'information qui est pertinente est ensuite retransmise aux corps policiers concernés » , explique le président provincial sortant, Tom McConnell.

Trois exemples

Les activités d'Échec au crime se traduisent selon lui par des arrestations de criminels, par la saisie de biens volés et de stupéfiants, par la progression plus rapide de certaines enquêtes policières et par la sensibilisation communautaire à la prévention du crime

« On a beaucoup d'information concernant la drogue. En 2014, par exemple, la police a mis la main sur une importante quantité de cannabis à Roxton Pond à la suite d'un seul appel à Échec au crime »,  raconte Robert Théorêt, président du comité régional Échec au crime en Estrie.

Cette saisie, évaluée à plus de 6 millions de dollars, confirmait que la collaboration du public peut parfois être bien précieuse pour les corps policiers.

Le cas de la disparition de la jeune Cédrika Provencher est un autre exemple où la participation de la population a bien servi les enquêteurs. « On a reçu une centaine d'appels dans ce cas précis. Maintenant, l'évolution de ça, on la connaît aujourd'hui. Reste à voir où cela mènera les policiers dans leur travail », soutient M. McConnell.

L'organisme créé parfois aussi des partenariats avec des corps policiers afin de dénouer des impasses plus rapidement. C'est ce qui s'est produit dans le cas des seringues souillées retrouvées dans des vêtements de magasins du Carrefour de l'Estrie en mai 2012 à Sherbrooke.

« Ça faisait plusieurs jours que la police demandait l'aide de la population pour mettre la main au collet du malfaiteur, sans succès. Le Service de police de Sherbrooke a décidé de faire une conférence de presse conjointe avec Échec au crime, où on disait aux gens d'appeler la ligne confidentielle s'ils n'étaient pas à l'aise de dénoncer directement aux policiers », se remémore M. Théorêt.

L'opération conjointe s'est soldée par des dizaines de signalements à Échec au Crime. 

Des récompenses

Pour encourager la dénonciation, Échec au crime offre des récompenses aux personnes qui signalent une information qui s'avère concluante pour clore une enquête. En 20 ans d'existence, 100 000 $ ont été remis au Québec.

« C'est très peu si on tient compte de tous les appels reçus depuis 20 ans. Lorsque les gens appellent, on leur attribue un numéro qui se veut un mot de passe. On leur conseille de nous rappeler trois mois plus tard avec le mot de passe pour vérifier si le dossier est clos », explique M. McConnell.

Échec au crime est financé par des subventions gouvernementales, des activités de financement communautaires et des campagnes de souscription.

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