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Élections municipales : le grand défi d'intéresser les jeunes

Elle a 21 ans, se passionne pour la politique municipale et n'a pas hésité à faire le grand saut en 2013. Meagan Reid, conseillère à la Ville d'East Angus, a été élue à 18 ans, devenant la plus jeune élue municipale du Québec. Quatre ans plus tard, elle a tellement aimé l'expérience qu'elle sera de la course de 2017.

Un texte de Marie Eve Lacas

« J'ai été accueillie à bras ouverts. J'ai appris beaucoup. C'est valorisant », dit celle qui a eu la piqûre de la politique lors de son passage à la Cité-école de la Polyvalente Louis-Saint-Laurent. La Cité-école réinvente les conseils étudiants : les élus municipaux viennent à la rencontre des élèves élus par leurs pairs pour démystifier leur fonction.

Sous-représentés

En 2013, tout comme Meagan Reid, un peu plus d'un millier de jeunes âgés de 18 à 34 ans ont fait du porte-à-porte pour convaincre les électeurs de leur faire confiance. De ce nombre, 659 ont été élus. Dans son portrait statistique Jeunes candidats et élus, le ministère des Affaires municipales note leur faible représentation par rapport à leur poids dans la population.

Il est tout aussi difficile de les inciter à aller voter. Parmi les pistes d'explication : leur grande mobilité à cet âge.

« Les jeunes ne savent pas nécessairement où ils vont travailler, ils changent d'emploi et se promènent. Les voyages, les stages à l'étranger, les expériences. Les jeunes partent un an, deux ans, reviennent », explique la chargée de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, Eugénie Dostie-Goulet.

« Particulièrement au municipal, ça a un impact, parce que l'un des critères, c'est l'attachement au milieu local, à sa ville à son quartier, poursuit-elle. Si on est en mouvement, si on vient d'arriver ou qu'on sait qu'on est de passage pour quelques années seulement, on va moins développer ce lien-là. Même chose pour être jeune candidat aussi. Pour se présenter et dire : voilà, je vais représenter mes électeurs je vais m'investir dans cette ville-là, il faut avoir un attachement. »

Pour Meagan Reid, la question ne se pose pas. Déjà très engagée dans sa communauté, elle y voit un prolongement de son bénévolat.

Elle ne le fait pas pour le salaire : elle touche 11 000 $ par an, 2000 $ de plus qu'il y a quatre ans. Étudiante en enseignement en adaptation scolaire, elle vit toujours chez ses parents et travaille dans un café.

« Un projet de société »

« Être à l'écoute et au service des citoyens, presque 24 heures sur 24 demeure la grande priorité. Il faut aimer le monde, aimer être en apprentissage continuel », raconte de son côté Jean-François Rouleau, conseiller municipal à la Ville de Sherbrooke depuis 27 ans.

Il est le premier à se réjouir de voir des jeunes s'intéresser à la politique municipale. « Ça prend de nouvelles idées. Dans mon organisation, j'avais beaucoup de jeunes femmes et de jeunes hommes qui me donnaient des suggestions. Il faut être ouvert au changement. Il ne faut pas être assis sur son siège pour ne rien faire. Il faut être au conseil de ville pour débattre. On veut faire avancer des idées. Il faut avoir une vision, un projet de société », martèle-t-il.

Un projet de société, c'est justement ce que propose Julie Bourdon, conseillère municipale à Granby. Jeune mère de deux enfants de 5 et 7 ans, la femme de 34 ans a sauté dans l'arène et ne le regrette pas.

« Il y a plein de choses très intéressantes qui se passent et je me suis dit : "Moi, j'ai le goût d'apporter ma contribution un petit peu plus loin et de m'impliquer pour améliorer ma ville, la qualité de vie des citoyens" », raconte encore la jeune femme, le regard brillant. Forte de ses années en gestion et en tourisme, elle y consacre maintenant tout son temps à la politique municipale, ayant même délaissé son autre emploi.

« On a encore dans l'imaginaire qu'un échevin ou conseiller municipal, c'est quelqu'un à la retraite. C'est sûr que lorsqu'ils voient une jeune à la tête de leur quartier, les citoyens sont surpris, mais je pense qu'ils sont agréablement surpris », indique celle qui sera aussi de la prochaine campagne.

Les candidats ont jusqu'au 6 octobre pour manifester leur intérêt. Au total, plus de 8000 candidats seront élus à travers le Québec, le 5 novembre prochain.

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