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Enquête sur la santé à Lac-Mégantic: une communauté encore durement éprouvée

La population de Lac-Mégantic souffre encore des conséquences de la tragédie ferroviaire de 2013 même si quelques améliorations de la santé psychologiquese des gens sondés sont observées. C' est ce qui ressort de la troisième enquête sur le sujet menée par la Chaire de recherche sur les événements traumatiques, la santé mentale et la résilience de l'Université du Québec à Chicoutimi, en collaboration avec la Direction de santé publique de l'Estrie.

Dans son enquête dévoilée mardi à Sherbrooke trois grands constats sont faits dont celui de cette souffrance toujours bien présente surtout chez les individus ayant été davantage exposés au drame et chez ceux qui éprouvent de la difficulté à faire face au deuil de leur proche. Sur une note plus encourageante, on observe aussi une stabilité et même une certaine amélioration de la santé psychologique chez les répondants qui ont participé à l'enquête.

On apprend également que les gens n'ont pas hésité à utiliser les services médicaux et psychosociaux, ce qui porte à croire que le message de consulter un professionnel de la santé s'est imprégné dans la communauté.

Depuis 2015, les chercheurs notent une diminution des manifestations modérées à sévères de stress post-traumatique chez les personnes fortement exposées (passant de 76 % à 68 %). Il y a également eu une diminution au cours de cette période des manifestations de stress post-traumatique de manière globale à Lac-Mégantic(passant de 67 % à 49 %).

L'anxiété encore présente

  • On assiste à une augmentation des troubles mentaux diagnostiqués au Granit, en particulier chez les personnes fortement exposées (27 % en 2016, soit 2 fois plus qu’en 2014).
  • Les troubles de l'humeur sont également en hausse ( (18 % en 2016, soit 3 fois plus qu’en 2014).
  • La consommation d’anxiolytiques, qui avait diminué de 2014 à 2015, a presque doublé au cours de la dernière année, passant de 16 % à 29 %.
  • La prise d’anxiolytiques a presque doublé au cours de la dernière année passant de 16 % à 29 %.

Les nouvelles plus encourageantes qui se dégagent de cette étude démontrent que les personnes qui souffrent semblent de plus en plus enclines à rechercher de l’aide. En 2014, 31% des gens exposés à la tragédie avaient consulté un psychologue ou un travailleur social. En 2015, ce chiffre avait chuté à 21 % alors qu'en 2016, c'est 26 % des personnes qui ont cherché de l'aide.

« Ces statistiques sont une démonstration que tout ce qui a été mis de l'avant fait en sorte qu'on va dans le bon sens. On a mis toute notre énergie à combattre les effets psychologiques de cette tragédie mais aujourd'hui on constatte quand même que la marmite est pleine et la résilience est plus fragile » , explique Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique de l'Estrie.

Finalement, l'enquête indique que le quart des personnes qui ont perdu un être cher dans la tragédie ferroviaire éprouve de grandes difficultés à faire face au deuil. Difficultés personnelles, conjugales familiales, sociales et professionnelles sont autant d'aspects de leur vie qui sont encore fragiles.

En tout, 800 adultes ont répondu à l’appel l'automne dernier pour réaliser cette enquête. L’objectif étant d’examiner l’évolution de la santé psychologique de la population du Granit selon son niveau d’exposition et de dresser

un bilan des impacts négatifs et des retombées positives de la tragédie ferroviaire de 2013 dans laquelle 47 victimes.

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