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Entrée en vigueur de la réglementation sur les pesticides à Sherbrooke

Les pelouses de Sherbrooke seront peut-être un peu moins vertes que chez leurs voisines, mais elles ne contiendront plus de pesticides ou presque. Désormais, seuls les pesticides à faible impact seront tolérés sur le territoire de la ville, une mesure qui s'ajoute à la Stratégie québécoise sur les pesticides.

La nouvelle réglementation a été adoptée en mars 2015, mais elle vient tout juste d'entrer en vigueur. Pour permettre une transition en douceur pour les entrepreneurs en entretien d'espaces verts, les pesticides à plus grand impact seront tolérés cette année, mais seulement pour la période d'arrosage de l'automne.

Les contrevenants sont passibles d'une amende minimale de 500 $. Les citoyens faisant appel à un entrepreneur devront également s'assurer que celui-ci détient un permis municipal, sous peine d'être condamnés à payer une amende de 100 $.

L'objectif de cette nouvelle réglementation visait à durcir la loi entourant la protection de l'environnement. Les municipalités ont l'obligation de se restreindre à la loi provinciale, mais peuvent légiférer plus sévèrement si elles considèrent que cela est nécessaire.

Une bonne nouvelle, avec quelques bémols

L'initiative a été bien accueillie par l'Association des services en horticulture ornementale du Québec (ASHOQ), qui a travaillé en collaboration avec la Ville pour la révision de la réglementation.

Le vice-président de l'ASHOQ et entrepreneur de Sherbrooke, Philippe Caissie, souligne d'ailleurs l'ouverture de la Ville dans ce dossier. Leurs questionnements et leurs craintes ont été écoutés, et la réglementation a été modifiée pour intégrer leurs commentaires.

Il n'en reste pas moins que cette réglementation, selon lui, n'était pas nécessaire. « C'est une réglementation un peu inutile, souligne-t-il. La loi québécoise est déjà très sévère. »

Il soutient également que cette nouvelle réglementation limite les « outils » à leur disposition lorsqu'ils doivent traiter une maladie de la pelouse. « Certains pesticides interdits par la Ville ne le sont pas dans la réglementation québécoise », déplore-t-il. Pour un arrosage de base, il explique qu'il n'y a pas de problème, mais lorsque la pelouse est attaquée par de la vermine, cela lui enlève des « médicaments » pour le traitement, qui sont pourtant autorisés dans la loi provinciale.

Les solutions existent, rassure-t-il, mais cela vient avec un prix... qui va automatiquement se refléter sur la facture. « C'est plus dispendieux [...] Pas le double, mais un client peut s'attendre à payer environ 10 % de plus. »

En 2015, Québec a fait grimper le nombre de pesticides interdits de 20 à 60. Si la nouvelle a été bien accueillie par les environnementalistes, elle a reçu un accueil plutôt tiède de l'Union des producteurs agricoles.

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