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Éric Blais : garder le système électrique en parfaite santé

« Les personnes âgées sont souvent très allumées. » Venant d'un électricien, le jeu de mots a de quoi faire sourire. Au-delà de la blague, Éric Blais, technicien en électricité aux installations matérielles à l'Hôtel-Dieu, est parfois témoin de scènes mémorables.

Un texte d'Émilie Richard 

« Les patients âgés racontent parfois des histoires loufoques. Une fois, j'étais dans une chambre et une dame de 102 ans qui devait dessiner des cercles à une employée en réadaptation lui a dit : " Vous savez, j'ai 102 ans. Quand j'en avais 15, je n'étais pas bonne en dessin. À 102 ans, ce n'est pas mieux." » raconte-t-il en riant.

Même s'il croise très souvent des patients, son contact avec eux demeure assez limité. Lors de son entrevue d'embauche, il y a près de neuf ans, on lui a demandé ce qu'il ferait si une personne hospitalisée lui demandait un verre d'eau. « Je n'ai pas le droit de lui en donner. Je ne sais pas s'il a le droit d'en boire, explique l'électricien. Même chose si le patient souhaite que je remonte son lit. Peut-être qu'il doit rester couché. » Dans cette grande ruche qu'est un hôpital, chacun a sa propre mission et celle d'Éric Blais, c'est de prendre soin de la bâtisse.

En tout, une dizaine d'électriciens œuvre à l'Hôtel-Dieu et au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). « Beaucoup de gens pensent que l'entretien est fait par des gens de l'externe, mais ce n'est pas le cas. La main-d'œuvre à l'interne a une connaissance presque parfaite du bâtiment. Les systèmes de refroidissement d'eau, de climatisation, de plomberie ou d'électricité sont vraiment complexes. C'est important de bien les connaître, surtout lorsqu'il y a une urgence. On n'a pas besoin de chercher », détaille le Sherbrookois d'origine.

Après quelques années à travailler dans une raffinerie à Montréal, Éric Blais a choisi de revenir s'installer ici avec sa famille. Sans regret, il a échangé le bruit, la poussière et les horaires de travail atypiques du milieu industriel pour l'environnement de travail plus clément du milieu hospitalier.

Une dizaine d'électriciens, de nombreuses tâches

Pour éviter la routine, l'équipe d'électriciens alterne entre deux types de tâches tous les trois mois. D'abord, celles de construction. « Il y a toujours quelque chose à faire. S'il y a un nouvel appareil médical qui arrive dans une unité, on peut avoir à faire une installation électrique pour l'alimenter », décrit celui qui en ce moment est affecté aux appels de service. Pendant cette période, il doit se rendre dans les chambres, dans les bureaux, dans les unités de soins pour régler les problèmes liés à l'éclairage ou aux systèmes électriques.

« Ce matin, un patient n'avait plus de lumière à la tête de son lit. Je suis allé réparer ça. Ça peut être un réchaud à la cuisine qui ne fonctionne plus. Je travaille aussi en ce moment sur une chaise d'examen dans une salle d'ophtalmologie qui a un problème électrique. Ça peut être une table d'opération, une porte de garage, c'est très varié les appels que l'on reçoit », énumère-t-il.

Et la prévention n'est pas qu'une affaire médicale. C'est aussi primordial pour plusieurs systèmes, dont les génératrices. Une tâche qui revient à l'électricien qui effectue le quart de soir. « C'est une grosse partie de notre travail. L'électricité est essentielle lorsqu'il y a des gens au bloc opératoire. Les systèmes d'urgence doivent fonctionner comme il faut », explique Éric Blais qui est de garde une semaine sur quatre pour assurer une surveillance permanente en électricité.

Une balade dans le sous-sol de l'Hôtel-Dieu fait bien saisir toute la complexité de la tâche d'un électricien en milieu hospitalier. Dans la salle des machines, à travers le bruit assourdissant des génératrices, on est loin du calme d'une salle d'opération. Éric Blais, lui, garde un calme chirurgical. Il ne vient peut-être pas directement en aide aux patients, mais ici, aucun médecin ni aucune infirmière ne pourraient le remplacer. Dans cette grande ruche qu'est un hôpital, chacun a sa propre mission.

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