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États généraux des arts et la culture : une première en Estrie!

Les acteurs des milieux culturel, des affaires, de l'éducation, de la santé et politique de l'Estrie se réunissent mardi pour réfléchir ensemble sur des moyens de créer des liens avec le milieu des arts et de la culture, mais aussi pour dresser un portrait de la situation et l'avenir de la culture dans la région. Plus de 200 personnes sont attendues au Cégep de Sherbrooke pour en discuter lors des premiers États généraux des arts et de la culture en Estrie. 

Un texte de Geneviève Proulx

Le Conseil de la culture de l'Estrie travaille depuis cinq ans à la mise sur pied de ces états généraux. « Ça arrive à un bon moment. La conjoncture économique, culturelle et sociale était favorable et nous permettait de réfléchir sur la culture et les arts en général. On veut faire le point sur la culture, d'où on vient et où on va dans un contexte où il y a des coupes partout. Il faut composer avec ça et travailler autrement, aller chercher de nouveaux publics. Il y a les jeunes qui arrivent dans le décor. Comment on fait pour les accompagner? Et comment on soutient les organismes plus vieux et reconnus? On veut être visionnaire! », explique la présidente du Conseil de la culture de l'Estrie et membre du comité organisateur des états généraux, Sylvie L. Bergeron. 

La présidente des états généraux, Angèle Séguin, abonde dans le même sens. « En 2010, j'étais dans un comité de travail où nous étions plusieurs artistes à nous demander, compte tenu du contexte économique, comment nous allions continuer notre pratique en région et comment nous pourrions être reconnus ici. Il y avait comme une perspective que si nous étions reconnus, c'était parce que nous étions diffusés à Montréal, à Québec, mais chez nous c'était plus difficile. On sentait qu'on était dans un cul-de-sac et qu'on s'en allait vers une mutation. Si on veut être capable d'absorber notre relève, comment on va les retenir chez nous? Il faut se questionner. »

Une première au Québec

S'asseoir et prendre le temps de discuter sur l'avenir et la place de la culture dans une région est une chose qui ne s'est jamais faite soutient la présidente, Sylvie L. Bergeron. « Ça se fait très peu des états généraux en arts et culture en région. Ça se fait dans un pays, dans une province, dans une métropole, une capitale, mais en région, très peu. Il y avait une demande. [...] C'est une première. Il y a eu des journées de réflexion, mais des états généraux, on n'a jamais vu ça. »

L'objectif de ces états généraux est de trouver des pistes de solution pour amener le plus grand nombre de gens possible à s'intéresser aux artistes estriens ainsi qu'à leurs oeuvres. « On va se donner des pistes d'action. Comment reconnaître les arts et la culture? Quel est le niveau de reconnaissance? Est-ce qu'on reconnaît la place de l'artiste dans le milieu, dans la communauté? Est-ce qu'il fait quelque chose dans la communauté? Une chose est sûre, il paye des taxes comme tout le monde, il a le droit d'être reconnu. Comment peut-il être financé? Est-ce qu'il doit quitter la région pour vivre de son art? » s'interroge Mme Bergeron.

Pour y arriver, toutefois, le milieu de la culture ne doit pas faire cavalier seul. « Si chacun prend le temps de considérer et de reconnaître les arts et la culture, il va se faire quelque chose. Les états généraux, c'est pour se doter de pistes d'action qui vont aller dans ce sens-là. [...] Ça pourrait être comment on va faire pour que tout le monde ait accès à la culture, du CPE à l'université », donne-t-elle en exemple.

Parce que, selon Sylvie Bergeron, l'accès à la culture passe par l'éducation et pas seulement par du financement gouvernemental. « On ne peut pas compter uniquement sur les subventions gouvernementales et municipales, il faut du financement privé. Eux aussi manquent d'éducation peut-être. Il faut éduquer les gens qui nous entourent. Je ne suis pas certaine que l'on connaisse tous les bienfaits des arts. On veut documenter les bienfaits, les impacts, la portée des arts et de la culture sur notre bien-être de la culture. Il y a un travail de diffusion et d'éducation. Ça commence bébé. Le monde de l'éducation est conscient de ça doit commencer avant l'école, pendant l'école et après l'école. »

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