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Étude sur la rémunération des médecins : à prendre avec un grain de sel selon Dr Alain Demers

Le président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Estrie, Dr Alain Demers, soutient qu'il faut prendre l'étude sur les impacts de la rémunération des médecins sur leur pratique et la performance du système de santé au Québec avec un grain de sel.

Selon cette étude, qui porte de 2006 à 2015, on soutient que pendant que la rémunération des médecins augmentait, la moyenne de jours travaillés par année diminuait. « D'une part, je ne sais pas comment on fait pour calculer les jours travaillés. Est-ce par le nombre de patients? Par le nombre de présences? Comment calcule-t-on la journée d'un médecin? Nous sommes rémunérés à l'acte. La méthodologie ne me semble pas claire », dit Dr Demers.

L'étude soutient que, pendant cette période, les sommes consacrées à la rémunération des médecins ont doublé, mais que les omnipraticiens voyaient deux patients de moins par jour en 2015 qu'en 2006. « Des fois, les médecins voient moins de patients parce qu'ils passent plus de temps avec eux. Les cas sont de plus en plus lourds et sont pris en charge par les médecins de famille. On a aussi introduit de nouveaux professionnels dans nos cliniques comme les infirmières. Ce sont elles qui voient les cas les plus faciles qui nécessitent un suivi. Moi, je me retrouve avec une clientèle plus lourde. Je passe plus de temps avec mes patients. C'est donc probablement vrai que je vois moins de patients par jour », analyse-t-il.

Moins de jours travaillés

Dans l'étude, on apprend que les médecins omnipraticiens ont travaillé neuf jours de moins par an entre 2006 et 2015. Quant aux médecins spécialistes, ce sont sept jours de moins qui ont été travaillés. « C'est un phénomène générationnel. Est-ce qu'on peut les blâmer? Je ne pense pas. Ils ont d'autres valeurs. Il y a eu aussi le phénomène de la féminisation de la pratique. C'est encore aujourd'hui, les femmes qui accouchent. Quand elles accouchent, elles sont moins présentes et travaillent moins de jours. Mais quand elles sont présentes, elles travaillent autant que les hommes sinon plus. Il faut regarder d'autres variables », nuance Dr Alain Demers.

Les médecins responsables de cette étude suggèrent un nouveau mode de rémunération pour les médecins. « Il y a quelques années, on a introduit, pour les médecins de famille, une rémunération forfaitaire qui est en lien avec le nombre de jours travaillés, le nombre de patients inscrits et le nombre de patients vus par jour. C'est pour éviter que des médecins fassent des examens cliniques non nécessaires qui auraient été rémunérés à l'acte. Ça évitait les effets pervers d'une rémunération à l'acte. Par contre, de passer à une rémunération exclusivement à salaire, il risque d'y avoir moins de patients vus par jour. N'oublions pas que les médecins sont des travailleurs autonomes, qu'ils n'ont pas d'avantages sociaux [...]. Ils sont aussi propriétaires de leur clinique et en assument les dépenses. Si on les met à salaire, le gouvernement devra payer ces frais », rappelle-t-il­.

C'est l'ancien commissaire à la santé et au bien-être (2006-2016) Robert Salois, qui avait commandé cette étude.

D’après les données de l’étude, le Québec comptait près de 17 306 médecins actifs en 2015 contre 14 539 en 2006.

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