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Étudiants en éducation recherchent stages rémunérés

Les étudiants de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke ont tenu un « CRAIES IN », vendredi midi, pour demander d'être payés pendant leurs stages obligatoires. 

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

La Campagne de revendications et d'actions interuniversitaires des étudiants et étudiantes en stage (CRAIES) a été lancée il y a un an. Les étudiants déplorent que les stages, particulièrement ceux de dernière année de baccalauréat, ne soient pas payés malgré l'ampleur de la tâche demandée.

« Les derniers, on prend en charge pratiquement 100 % de la tâche d'un enseignant, soutient le président de l'Association générale des étudiantes et étudiants de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke (AGEEFEUS), Alexandre Parent. On doit faire de la planification, donner nos cours, faire de la correction, tout ça sans rémunération. »

Il rappelle que l'étudiant doit également payer des crédits universitaires pour ses cours, et qu'il a souvent des dépenses additionnelles lorsqu'il se déplace pour effectuer son stage.

Les étudiants demandent à être payé l'équivalent de 32 heures par semaine au salaire minimum, une requête qu'approuve leur futur syndicat. 

« Si je veux travailler chez Couche-Tard, je vais être formé par Couche-Tard. Pendant que je suis formé, je suis payé. Pourquoi je ne suis pas rémunéré en train de prendre une charge, en train de faire finalement le travail d'un enseignant. Pourquoi je ne serais pas rémunéré quand je fais le travail de l'enseignant. C'est une question qui se pose », insiste le président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie, Benoît Houle. 

Reste à savoir qui paierait le salaire des stagiaires. « C'est sûr que moi, je retourne la demande au gouvernement à ce moment-là. Financez-nous et nous, à ce moment-là, on pourra faire ce pas avec les stagiaires », soulève le président de la Comission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, Gilles Normand. 

Une des rares facultés sans stage coopératif

L'Université de Sherbrooke est reconnue pour ses stages coopératifs et la plupart de ses étudiants réussissent à dénicher une expérience de travail rémunérée.

À la Faculté d'éducation, un stage représente entre 700 et 900 heures de travail en classe. Les futurs enseignants ne reçoivent cependant aucun salaire pour leur tâche,tout comme les étudiants en travail social, en psychologie, ainsi que certains étudiants en santé.

Les étudiants en médecine, par exemple, ne sont pas rémunérés, lors de leur externat, mais Alexandre Parent explique que leur réalité est différente.

« Ils n'ont pas voulu se joindre à nous [...]. La différence, avec les étudiants en médecine, c'est qu'ils ont une capacité d'emprunter phénoménale. La banque offre des prêts assez avantageux, parce qu'elle sait que l'étudiant sera en mesure de rembourser. Ce n'est pas le cas du tout en éducation. »

En pleine austérité

Les étudiants de la Faculté d'éducation sont toutefois conscients que leur demande arrive à un mauvais moment, dans un contexte de compressions budgétaires

« Présentement, c'est sûr qu'on n'ira pas cogner aux portes pour avoir de l'argent. Présentement, on est vraiment dans la visibilité, dans le questionnement social. Est-ce qu'on stagiaire en éducation mériterait d'avoir un certain salaire lors de son stage? Ou est-ce que la société dit non à cela? », questionne-t-il. 

D'ici la fin de l'année, d'autres manifestations du genre auront lieu dans les autres facultés d'éducation de la province.

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