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Exportations : deux études préliminaires de projets pour Hydro-Québec

Même si sa future ligne de transport d'électricité Northern Pass à destination de la Nouvelle-Angleterre n'est pas encore terminée, Hydro-Québec compte lancer des études préliminaires qui, à terme, pourraient se traduire par des interconnexions supplémentaires avec le Maine et le Vermont.

La société d'État, qui souhaite faire croître ses revenus d'exportation et doubler son chiffre d'affaires d'ici 2030, est toujours en attente d'un contrat d'approvisionnement ferme, mais dit vouloir se préparer en raison des « signaux positifs » en provenance des six États de la Nouvelle-Angleterre et de celui de New York.

« Le message est très clair, affirme le vice-président au développement des affaires d'Hydro-Québec, Steve Demers, au cours d'un entretien. Il y a un besoin pour l'énergie propre et renouvelable. Les besoins sont significatifs. »

Hydro-Québec mise sur les prévisions de l'Independent System Operator de la Nouvelle-Angleterre (ISO New England), l'organisme indépendant chargé de la gestion du commerce de l'électricité pour les États de la Nouvelle-Angleterre, qui prévoit un besoin d'environ 15 000 mégawatts en raison notamment de la fermeture de centrales nucléaires et au charbon.

Le poste Hertel en Estrie rejoint?

En ce qui a trait aux études préliminaires, la société d'État souhaite dans un premier temps évaluer la faisabilité d'un tracé québécois jusqu'à la frontière du Vermont pour rejoindre le projet New England Clean Power Link, qui a déjà obtenu son permis présidentiel. On pourrait vouloir rejoindre le poste Hertel, dans la région de l'Estrie. Hydro-Québec affirme toutefois qu'aucun tracé n'a encore été défini.

Dans l'autre projet, la société d'État veut se rapprocher de l'État du Maine, a expliqué M. Demers. « Nous voulons savoir ce que tout cela implique du côté québécois, affirme-t-il. Cela fait partie du processus d'analyse et de réflexion. »

Les études préliminaires devraient être complétées d'ici six mois, selon la société d'État.

Aucun montant n'a été avancé pour le moment en ce qui a trait aux investissements nécessaires à la réalisation de ces deux projets s'ils devaient aller de l'avant. La partie québécoise du projet Northern Pass est évaluée à près de 620 millions $, alors qu'au sud de la frontière, ce montant grimpe à 2,1 milliards $.

Actuellement, quelque 22,5 des 30 térawattheures exportés annuellement par la société d'État sont destinés au marché américain. Hydro-Québec mise déjà sur le Northern Pass pour répondre à l'appel d'offres de l'État du Massachusetts pour un contrat à long terme d'approvisionnement pour 9,45 térawattheures.

L'an dernier, les exportations ont représenté 803 millions $ du bénéfice net de 2,86 milliards $ généré par la société d'État. La Nouvelle-Angleterre représente la moitié de son marché d'exportation, contre 25 pour cent pour l'État de New York.

Consciente de la mobilisation des groupes d'opposants à sa ligne Northern Pass vers le New Hampshire, Hydro-Québec reconnaît que ses lignes électriques ne « sont pas invisibles », mais rappelle que pour le moment, ses deux autres projets n'en sont qu'au stade préliminaire.

Des doutes

Selon Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal, il est normal que certains puissent avoir des doutes sur la pertinence des projets d'exportation d'Hydro-Québec lorsqu'on tient compte des prix sur les marchés, qui oscillent entre 2 et 4 cents le kilowattheure.

« Il y a une immense pertinence, nuance-t-il. Si on prend l'exemple de New York, l'État désire que la moitié de son électricité soit renouvelable d'ici 2030. Actuellement, c'est 24 pour cent. »

L'expert rappelle également l'existence d'un marché du carbone en Nouvelle-Angleterre pour les producteurs d'électricité avec un plafond décroissant des émissions, ce qui, à son avis, joue en faveur de la société d'État.

Les énergies solaire et éolienne sont maintenant des concurrentes plus importantes pour Hydro-Québec, en raison de la réduction des coûts de production, mais selon M. Pineau, il sera difficile de déployer d'importants projets à New York ainsi qu'en Nouvelle-Angleterre parce que l'espace n'est pas au rendez-vous. « Le défi, ce n'est pas seulement d'être capable d'offrir un prix concurrentiel, mais d'être capable de garantir les livraisons, ce que l'éolien et le solaire ne peuvent faire », précise-t-il.

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