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Faillite du Délice des nations : vague de sympathie pour le boulanger-pâtissier

Le cri du cœur d'un boulanger-pâtissier français, jeté à la rue après la faillite de l'épicerie Délices des nations, semble avoir été entendu. Une vague de sympathie déferle pour Nasser Koronfol, qui s'est même vu offrir plusieurs emplois.

Toutefois, même s’il se dit très touché par le soutien des citoyens, Nasser Koronfol soutient que cela n’est pas suffisant pour régler son problème. Le boulanger-pâtissier détient un permis de travail fermé jusqu'en avril 2018, qui ne lui permet que de travailler au Délice des nations. Il possède un visa en bonne et due forme, qui lui permet de résider au Québec, mais il ne peut pas travailler pour une autre entreprise, pour le moment.

Il interpelle les élus pour lui venir en aide.

« Je suis vraiment dépité, mais je garde espoir que cela ne va tomber dans les oreilles d’un sourd, mais dans celles de gens qui peuvent apporter une solution. Parce qu’au jour d’aujourd’hui, je ne peux pas travailler. »

Le député de Sherbrooke Pierre-Luc Dussault a d’ailleurs affirmé, hier, qu’il allait venir en aide à la famille pour lui permettre de rester au pays.

Différentes options sur la table

Nadia Barrou, avocate en droit de l’immigration, estime que le cas de Nasser Koronfol n’est pas une cause perdue. Le boulanger-pâtissier peut faire les démarches pour obtenir un autre permis de travail, tout en restant au Québec.

« La demande peut se faire pendant qu’il est au Canada, et si c’est positif, il a juste à aller à la frontière chercher son permis de travail », affirme-t-elle.

Ce qui complique un peu le cas de Nasser Koronfol, explique-t-elle, c’est effectivement le fait qu’il est en possession d’un permis fermé.

« Le candidat doit rester à l’emploi de l’employeur et ne peut pas travailler pour un autre employeur. S'il veut travailler pour un autre employeur, il faut que ce nouvel employeur fasse une demande. Même si le [premier] employeur déclare faillite. »

Me Barrou explique que ce processus peut être long, particulièrement si l’employeur en est à sa première demande. Différentes vérifications doivent d’abord être faites pour déterminer si l’entreprise existe réellement, et si elle a d’abord fait des efforts « raisonnables » pour embaucher des employés locaux. Ce processus, malheureusement, ne peut pas être accéléré même dans une situation similaire à celle de Nasser Koronfol.

Certains postes, comme cuisinier, ont également un processus plus rapide parce que l’affichage de poste est dispensé. Ce n’est toutefois pas le cas des boulangers-pâtissiers.

« L’objectif est d’abord d’offrir les emplois à une main-d’œuvre locale, une main-d’œuvre canadienne », souligne Me Barrou.

Plusieurs options s’offrent toutefois à la famille Koronfol, afin qu’elle puisse subvenir à ses besoins.

« Son épouse, si j’ai bien compris, a un permis de travail ouvert et elle le garde […] Si son épouse devient étudiante à temps plein, cela donne tout de suite droit à un permis de travail ouvert au conjoint, explique Me Barrou. Si monsieur est intéressé à aller travailler à l’extérieur du Québec, il y a des programmes plus souples, dont le programme de mobilité francophone. C’est très très rapide, l’employeur n’a qu’à payer 200 $ pour embaucher ce monsieur-là, et il n’y a pas d’affichage de poste. »

Ce que Me Barrou s’explique mal, c’est que le commerce a pu engager Nasser Koronfol alors qu’elle était en difficultés financières, puisque ces informations sont prises en considération dans le processus d’obtention d’un permis. Elle ne pouvait toutefois s’avancer sur ce qui s’est passé, puisqu’elle n’a pas étudié le dossier.

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