« Ce n'est pas ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait qui est important », lance le président d'ABS Remorques, François Gouin. Et à ce compte, les réalisations de cet entrepreneur d'Asbestos parlent justement d'elles-mêmes.

Un texte de Christine Bureau

En 1995, l'idée de transformer son entreprise en manufacturier de semi-remorques à convoyeur germe tranquillement dans la tête de l'homme d'affaires. À l'époque, ABS offre des services de sablage de surfaces métallique à contrat.

Comment passe-t-on de l'un à l'autre? « Pas facilement, répond-il en riant. On passe d'un à l'autre par l'expérience acquise faite par des réparations ou des modifications de véhicules existants. Puis, on passe au développement, à la conception d'un produit qui est innovateur, qui vient un peu changer la donne. »

Leur produit en est un de niche, admet d'emblée François Gouin, mais au fil du temps, son entreprise est devenue l'un des plus gros joueurs sur le marché.

« Dans toutes les autres provinces au Canada, on vient de comprendre sa spécificité, le fait que cette remorque-là n'a aucun risque de renversement sur le côté, qu'on ne peut avoir aucun accident, et qu'elle donne une meilleure qualité à l'asphalte », soutient-il.

L'entreprise, qui emploie une trentaine d'employés, est d'ailleurs en embauche constante à l'heure actuelle. « De plus en plus, les ministères et les gros clients sont en train de réaliser la spécificité de nos remorques et c'est pour ça qu'on est en croissance », mentionne-t-il.

Mais pour l'entrepreneur, pas question de croître en silo. Selon lui, le succès de l'un contribue au succès de l'autre. C'est pourquoi il travaille depuis plusieurs années à développer la synergie entre les entrepreneurs.

Heureusement, il constate que les choses commencent à changer.

« De plus en plus, l'entrepreneuriat, on en parle au Québec. On arrête de voir l'entrepreneur comme quelqu'un qui ambitionne sur le dos des autres, mais on le voit plutôt comme un chef d'entreprise qui a le droit d'être prospère, et qui a le droit de créer de la richesse et des emplois », illustre-t-il.

Passer à l'action

Passant de la parole aux actes, François Gouin travaille aussi de manière plus large à développer sa communauté. Il a notamment été le président de la Table de diversification économique de la MRC des Sources. Une façon de s'impliquer, mais aussi de remonter le moral des troupes.

« Le message qu'il fallait absolument lancer après l'annonce du retrait du prêt à la mine Jeffrey, c'était que la communauté n'était pas tomber ou de s'asseoir.

Le message qu'il voulait ainsi lancer, c'est que les entrepreneurs ont aussi un rôle à jouer dans le la reprise économique d'Asbestos. Pas seulement les politiciens. Et selon François Gouin, cela passe notamment par une meilleure collaboration entre entrepreneurs.

« Premièrement, c'est de communiquer, de se parler, de se voir, de travailler ensemble, surtout quand on est dans des domaines connexes. » Lui-même a octroyé des contrats de sous-traitance avec trois entreprises voisines.

« C'est plus important d'avoir des projets peut-être plus petits, de 15 ou 20 emplois, mais d'en avoir 10 ou 12. C'est ce qui nous donne une pérennité ou, pour reprendre un terme de hockey, ça nous donne de la profondeur », confie-t-il.

François Gouin a laissé la place à son successeur, cet été, à la Table de diversification économique. Il a quitté avec un bilan positif de son mandat, mais également avec de l'optimisme pour l'avenir.

Et qu'en est-il de l'avenir d'ABS Remorques? La relève est là aussi assurée, sourit-il. 

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