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Frédéric Demers : l'importance de se casser la gueule

« La musique, c'est un beau don de soi. Quand tu enseignes, c'est une passation du savoir en privé. Au Cégep de Sherbrooke, nous avons des cours d'un à un. Même les médecins n'ont pas ça! »

Un portrait de Carl Marchand

À sept ans, Frédéric Demers a découvert une trompette dans un placard de la résidence familiale à Sherbrooke. Dès lors, le sort en était (presque) jeté pour son projet de vie.

« Il n'y a tellement jamais eu de doute qu'en secondaire 5, je ne comprenais pas pourquoi le cours d'éducation au choix de carrière existait. Je voulais juste devenir trompettiste. »

Après son passage à la polyvalente Mitchell-Montcalm en concentration musique, il met le cap sur le Conservatoire de musique de Montréal.

Se faire les dents

Son amour pour la trompette est tellement grand que Frédéric Demers s'est littéralement fait casser la mâchoire pour devenir meilleur. Ne vous en faites pas : le tout s'est déroulé dans l'environnement contrôlé d'une salle d'opération, il y a 20 ans.

C'est que le jeune musicien a découvert au cours de ses études universitaires qu'il souffrait d'une usure prématurée des gencives.

« J'étais rendu à un niveau où, avec la physionomie que j'avais, je ne pouvais plus avancer », se remémore-t-il, souriant à pleines dents en racontant l'épisode.

Même s'il en rit aujourd'hui, cette période a tout de même été difficile. Pendant deux ans, il doit porter des broches et délaisser la musique classique, celle-là même qui l'a motivé à devenir musicien. L'appareil rend impossible de jouer avec la précision requise dans un orchestre.

Mais à quelque chose, malheur est bon.

Libéré par le jazz

Car non, l'improvisation n'est pas à la portée de tous les musiciens, diplômés ou non. Quand il reviendra à la musique classique et de chambre, l'épisode des broches aura appris à Frédéric Demers que si les orchestres pouvaient jouer sans lui, l'inverse peut être vrai également.

« Je me suis rendu compte que j'avais la bosse de la créativité et aussi de la gestion en général. »

Voilà maintenant dix ans qu'il promène son spectacle Les 7 trompettes de Fred Piston, en collaboration avec les Jeunesses musicales du Canada.

« J'ai créé mon ouvrage, ce qui fait que je n'attends pas que les orchestres m'appellent. J'ai développé le créneau jeunesse. J'ai inventé des choses. Quand j'ai un trou, je peux faire des concerts », explique-t-il.

Dévorer les paroles de ses profs

Aujourd'hui, Frédéric Demers est identifié comme « l'un des meilleurs trompettistes et cornettistes canadiens ». Il a joué avec presque tous les orchestres symphoniques au Québec.

Loin de chômer, il a amorcé un travail de professeur au Cégep de Sherbrooke. Une fonction que le musicien résident de Montréal cumule avec un horaire chargé.

Que dirait-il à un jeune musicien en devenir ou même à l'un de ses étudiants avides de conseils?

« S'il est passionné, rien ne peut l'arrêter. Fonce, intéresse-toi, pose des questions et "tète" les profs. Un prof ne peut pas rester indifférent envers un élève qui a une passion et qui dévore ses paroles. Va au-devant, prends des risques. »

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