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Gabriel Couture : trouver l'exemple pour réussir

« Quand tu veux, tu peux. Quand t'as une idée, tu la pousses le plus loin possible. Qui sait ce qui peut arriver? »

Un portrait de Carl Marchand

Gabriel Couture est peut-être capable d'enseigner devant une classe remplie d'élèves, mais il devient modeste quand vient le temps de parler de ses réalisations.

Pourtant, son projet commence à changer la vie de plusieurs enfants atteints de déficience intellectuelle. Le jeune diplômé en éducation physique de l'Université de Sherbrooke devait penser à un projet concret pour son stage à l'école spécialisée du Touret.

Loin d'être un Monsieur Bricole, Gabriel se met à la planche à dessin et s'adjoint l'aide de deux étudiants du Cégep de Sherbrooke, Philippe Plouffe et Émile Corbeil. Après six mois à rapailler des pièces à gauche et à droite, le trio accouche d'un tandem adapté. Coût de l'opération : zéro dollar, insiste-t-il avec fierté.

« Dans le monde actuel de l'éducation, il n'y en a pas de budget pour faire des projets comme ça. Il a fallu y penser très fort pour que ce soit viable. »

Si le besoin était simplement d'avoir un tandem, il aurait été plus simple d'aller en acheter un. Mais le vélo du projet Tango est différent. Il permet à l'enseignant d'être assis à l'arrière tout en gardant le contrôle, puis de céder les commandes à la personne assise à l'avant.

« L'élève est placé dans une situation où il pense qu'il est seul. Éventuellement, ça devient de plus en plus sécurisant et il peut aller vers un vélo normal », raconte le jeune diplômé.

Franchir une barrière

Il a d'ailleurs pu l'expérimenter lui-même. Assis à l'arrière, l'enseignant a pu rouler avec une élève qui n'était jamais montée sur un vélo à deux roues. La peur qui l'animait s'est transformée en fierté d'avoir surmonté un obstacle.

« Ç'a nourri mon âme. Au départ, c'était une "patente", je ne pensais pas que ça allait fonctionner! » lance-t-il.

Le fait d'être capable de rouler sur un vélo standard est loin d'être anodin. Il faudra des mois, voire peut-être un an à un élève avec une déficience intellectuelle pour y arriver. Mais ce temps, il faut le prendre, insiste Gabriel Couture. Et si on arrive à rouler aujourd'hui, qui sait ce qui peut arriver?

« Il faut beaucoup de confiance pour eux. Il faut leur donner la chance de réaliser des choses. On se sert souvent d'exemples de réussite pour plus tard, pour leur apprendre d'autres choses. »

Gabriel Couture admet que l'exemple de réussite l'a lui aussi changé et lui a fait comprendre qu'il avait ce qu'il fallait pour enseigner à des élèves qui demandent une attention particulière.

« Au départ, je ne pensais pas que j'étais capable », avoue-t-il.

Avec une carrière qui commence à peine, Gabriel Couture avoue avoir plein d'idées qui fourmillent dans sa tête. Mais pour l'heure, il y a encore beaucoup de chemin à faire avec le tandem qu'il a créé.

« Ce n'est pas juste pour les personnes qui ont une déficience intellectuelle. Ça pourrait être utilisé pour des personnes qui ont un handicap visuel et même des personnes en réhabilitation. Ce sont des idées que je me garde pour le futur. »

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