L'ex-préfet de la MRC du Granit, Maurice Bernier, a reçu une greffe de rein mercredi soir au CHUS-Hôpital Fleurimont. L'homme était en attente d'un rein depuis plus d'un an maintenant. Selon la chirurgienne Véronique Lapie, qui a procédé à la transplantation, l'opération a été un succès.

Un texte de Geneviève Proulx

« Ça s'est bien passé, dans des conditions idéales, dans des délais tout à fait acceptables. C'est un beau rein. Il y a beaucoup d'espoir pour l'avenir et d'amélioration de qualité de vie pour M. Bernier », explique la Dre Lapie. Au total, il aura fallu trois heures pour l'intervention.

Maurice Bernier a reçu l'appel tant attendu mardi vers 17 h. C'est le néphrologue Jean-François Bilodeau, du CHUS, qui lui a annoncé la bonne nouvelle. « C'est un appel que j'attendais depuis longtemps. J'avais reçu aussi un appel le 3 mars dernier pour une greffe, mais ça n'avait pas fonctionné parce que le rein n'était pas de bonne qualité. Je prends ça comme un cadeau extraordinaire de la vie. Ce que j'ai en tête, c'est que j'espère que je serai digne de porter cet organe-là, d'être à la hauteur de cette personne », racontait-il quelques heures avant l'opération.

Tout va pour le mieux

Au lendemain de l'opération, tout allait pour le mieux pour le nouveau greffé. « On voit que le rein se recolore rapidement, qu'il retrouve un bon tonus. On voit même de l'urine apparaître au bloc opération. On est très content de ça », soutient la chirurgienne.

Au départ, c'était la préfète du Haut-Saint-François, Nicole Robert, qui devait faire don de son rein à son collègue. « Je suis content de dégager Nicole de son engagement par rapport à moi. Personne n'était indifférent à son geste, mais j'avais toujours cette crainte de la mettre à risque. Ça me fait du bien qu'elle soit libérée de cet engagement. »

Après plusieurs tests et analyses, il en était ressorti que le rein de Nicole Robert n'était pas compatible pour Maurice Bernier. « Dans toute sa détermination, nous avions entrepris une démarche de dons croisés. Dans ce type de don, Nicole et moi aurions formé un couple qui était à la recherche d'un autre couple au Canada qui a les mêmes spécifications que nous, à qui Nicole aurait pu donner son rein, à celui qui a en besoin, et l'autre donneur m'aurait donné le sien. Nicole voulait qu'on aille vers là. »

Finalement, M. Bernier a reçu un rein d'une personne décédée. « Ce serait un rein de très bonne qualité. Ça devrait bien aller. La différence entre un rein d'une personne morte et d'une personne vivante, c'est sa durée de vie. Dans le cas d'une personne décédée, on parle de 10 à 15 ans alors que celui d'une personne vivante, c'est 20 à 25 ans. »

Avenir rempli d'espoir

L'ex-député du Bloc québécois dans Compton-Stanstead entrevoit l'avenir avec optimisme. « Je jouissais d'une certaine liberté à cause de la dialyse, que je pouvais faire à la maison. J'avais un peu plus d'énergie et j'avais même repris un peu le travail. Mais j'aurai une pleine liberté maintenant. Je vais pouvoir plus voyager. J'ai des projets plein la tête. C'est un peu comme si je revivais. C'est une nouvelle vie. »

Si tout va bien, Maurice Berner sera hospitalisé environ une semaine ensuite, il pourra reprendre tranquillement une vie normale. 

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