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Grondair Aviation à la recherche de clients à l'aéroport de Sherbrooke

Près de trois mois après avoir lancé son service de taxi aérien à l'aéroport de Sherbrooke, Grondair Aviation est toujours en attente de ses premiers clients. Selon l'entreprise beauceronne, ses services sont encore mal connus et jugés trop chers par la clientèle sherbrookoise.

Un texte de Christine Bureau

« On travaille présentement à faire de la sensibilisation auprès des clients potentiels de Sherbrooke pour leur montrer un peu quels sont les bienfaits et les avantages de faire des vols nolisés », explique le directeur financier et au développement des affaires, Jonathan Bolduc.

Un vol pour huit ou neuf personnes jusqu'à Toronto coûtera par exemple 5000 $. Selon lui, le potentiel de clients est bel et bien présent en Estrie, même s'il tarde à se manifester.

« Il y a un bassin de population énorme dans cette région-là, poursuit-il. Il y a énormément d'entreprises qui pourraient voir les avantages à utiliser nos services pour aller par exemple travailler dans les régions plus nordiques, développer des contrats. »

Encore des études en cours

Depuis le printemps, l'entreprise dit avoir reçu plusieurs demandes de soumission, mais il n'y a pas eu de suite. Pour l'instant, Grondair n'a que des avions de huit places à offrir, ce qui rend la location d'un avion trop chère pour quelques passagers seulement, poursuit M. Bolduc.

De son côté, le conseiller municipal et président de la Corporation de développement de l'aéroport de Sherbrooke, Claude Charron, affirme que la demande pour des avions nolisés est « constante ». « Exemple? L'Université de Sherbrooke serait un client potentiel », illustre-t-il.

Selon lui, c'est bel et bien le coût d'un avion à huit places qui constitue un frein pour Grondair Air.

« On n'y peut rien. Il faut partir de quelque part et il faudrait partir plus petit », dit-il. Il ajoute que l'entreprise leur avait affirmé dès le départ pouvoir s'adapter aux demandes de la clientèle.

« L'intention, c'est de construire une clientèle, mais j'imagine que le coût pour construire la clientèle est trop élevé », suggère-t-il. « C'est ce qu'on doit travailler. On doit changer les habitudes des gens, qu'ils se concertent et louent un avion en groupe pour un prix qui soit raisonnable. »

Dès le mois de juillet, des avions à quatre ou cinq places seront aussi disponibles chez Grondair Aviation. D'ici là, la Corporation entend poursuivre ses études sur le potentiel de la région.

« Les demandes sont là, poursuit le conseiller municipal. On va avoir les résultats de nos études qu'on fait encore. Ce qu'on cherche, c'est des études précises, les habitudes des gens. Combien de personnes conduisent jusqu'à Montréal pour prendre l'avion? Je suis certain que c'est des gros chiffres ça », assure-t-il.

Le président se défend d'avoir agi de façon prématurée dans ce dossier. « Ça ne coûte rien à l'aéroport de Sherbrooke. C'est Grondair qui s'est manifesté », rappelle-t-il.

Un courtier?

Grondair Aviation n'est pas la seule entreprise à offrir un service de nolisement à l'aéroport de Sherbrooke. Elle n'a pas non plus l'intention d'arrêter. L'entreprise souhaite même travailler à mettre en place d'ici l'automne un service de courtier indépendant. Son rôle serait de soumettre les demandes pour des vols nolisés aux différentes entreprises en aviation du Québec, ce qui serait « tout à l'avantage de la clientèle de Sherbrooke pour avoir le meilleur prix », selon Jonathan Bolduc.

Le directeur général de l'aéroport de Sherbrooke, Jean-François Ouellet, n'a pas retourné nos appels.

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