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Groupe Probex : une entreprise d'économie sociale au service des gens atteints de limitations à Sherbrooke

L'entreprise d'économie sociale Groupe Probex, à Sherbrooke, veut faire une différence auprès des gens ayant certaines limitations. Probex offre de l'emploi à ces personnes et redistribue tous les profits aux Résidences Monchénou, qui ne reçoit pas d'argent des gouvernements.

Un reportage de Renée Dumais-Beaudoin

Groupe Probex gère plusieurs microentreprises, dont le café La Pause, la friperie L'Élégante et un service de tonte de pelouse et d'excavation. L'organisme s'occupe également d'une microentreprise de récupération de canettes, d'une ébénisterie et d'un magasin proposant le fruit du travail d'artisans.

Il est souvent difficile d'imaginer que les travailleurs de Groupe Probex souffrent de limitations physiques ou intellectuelles. Les employés sont plutôt productifs, mais le marché de l'emploi ne leur est pas accessible pour le moment. Groupe Probex, en affaire depuis 10 mois, tente de faire une différence pour eux.

L'une des missions du Groupe Probex est d'accompagner et donner confiance à des gens qui n'auraient pas l'occasion de se faire valoir autrement, et qui détiennent pourtant des compétences. 

« Tu fais ce que tu es capable, ils ne poussent pas, c'est ça qui est l'fun », affirme l'un des employés.

Financer les résidences Monchénou

Intégration sociale et réinsertion en emploi sont les valeurs capitales de Probex. Mais avant tout, la nouvelle entreprise existe pour réussir à financer, un jour, les résidences Monchénou de Sherbrooke.

« C'est un manque à gagner d'à peu près un 15 à 20 000 $ par mois qui nous manque », explique Guillaume Caron, des Résidences Monchénou. « Donc, ça totalise un 240 000 $ par année qu'on doit aller chercher chaque année depuis plusieurs années. »

Les résidences Monchénou fêtent leur 30e anniversaire en 2015, et jamais, pendant toutes ces années, ce lieu d'hébergement n'a réussi à dénicher de subventions de la part de Québec. Le mode de fonctionnement ne cadre avec aucun programme.

« [Notre] spécificité, c'est que les gens, plutôt que d'être en pension chez autrui, ils sont chez eux. C'est pour ça qu'on appelle ça Monchénou. Le modèle québécois public, le seul et unique pour des gens comme ceux qu'on accueille, c'est d'aller vivre chez vous, chez moi, comme famille d'accueil. Comme ressource publique financée par le réseau, on a des allocations journalières pour héberger ces gens-là », explique David Caron.

Pourtant, une ressource complémentaire au système actuel semble essentielle. Carole, qui oeuvre au sein de l'organisation, a vu son fils Gabriel s'épanouir au sein des Résidences Monchénou.

« Au départ, je n'étais même pas prête à voir Gabriel vivre ailleurs que chez nous, explique-t-elle. Puis, quand je suis allée en répit à Monchénou une première fois, même lui n'arrêtait pas d'en parler. C'est là qu'on a dit [qu'on essayait], puis il est super bien. »

Groupe Probex et les résidences Monchénou sont comme des vases communicants qui veulent faire la différence. Et l'avenir semble prometteur.

« C'est impensable que ça ne fonctionne pas comme modèle d'affaires, c'est complètement impensable, affirme Guillaume Caron. On s'est même déjà fait offrir d'acheter l'entreprise, qu'elle passe d'un OBNL à un privé pour un montant faramineux. Mais on ne pensera même pas à ça, parce que c'est sûr que le modèle d'affaires est intéressant. Il faut lui donner le temps de grandir. »

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