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Hausse des signalements d'agressions sexuelles à l'Université de Sherbrooke

Selon des données obtenues par Radio-Canada Estrie, de plus en plus de gens dénoncent des actes d'agression et de harcèlement sexuels dont ils ont été victimes à l'Université de Sherbrooke.

Un texte de Geneviève Proulx

Le rapport dont Radio-Canada a obtenu copie couvre la période du 1er mai 2016 au 30 avril 2017. Au total, 189 demandes de toutes sortes ont été formulées au bureau de la conseillère en matière de prévention de harcèlement et de discrimination, c'est 85 de plus que l'année précédente. Au total, 83 demandes étaient liées au harcèlement psychologique.

En 2016-2017, 15 demandes liées à des violences sexuelles ont été faites au bureau de la conseillère. C'est plus que le double de l'année précédente alors que six personnes avaient fait des demandes. En 2014-2015, il n'y avait eu aucune demande de cette nature. « Je ne suis pas surprise de voir l'augmentation du nombre de personnes qui consultent notre conseillère en matière de prévention. Pour moi, c'est un indicateur que le message passe bien. Nous leur disons de ne pas garder le silence, de ne pas rester seuls », rappelle la secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante à l'Université de Sherbrooke, Jocelyne Faucher.

Sept agressions sexuelles

De ces 15 signalements, 7 sont des agressions sexuelles (impliquant au moins un contact physique) et 5 sont des propos ou des attitudes à caractère sexuel non désirés. Les trois dernières demandes concernant des messages ou des photos à caractère sexuel non désiré. « Les campus sont des sous-ensembles de la société et les violences à caractère sexuel sont un phénomène de société. On le voit, toute la place que ça prend présentement au niveau international. Pour moi, ce n'est pas une bonne nouvelle qu'il y ait des agressions, mais c'est une bonne nouvelle que les gens recourent au service », soutient Mme Faucher.

La majorité (13/15) des demandes ont été faites par des étudiantes et dans 7 cas, elles impliquaient un membre du personnel enseignant.

Les événements se sont produits autant en contexte pédagogique (en classe ou avec un collègue d'équipe par exemple) que dans un cadre social (soirée festive, 5 à 7 etc.).

« On fait face à la musique »

Pour l'Université de Sherbrooke, la politique au sujet du harcèlement et des agressions sexuelles est claire : c'est tolérance zéro. « On offre des activités de formation sur comment devenir un témoin actif pour prévenir les violences à caractère sexuel. Dans la dernière année, il y a eu une trentaine de ces activités », soutient Mme Faucher.

Devant la hausse des demandes liées aux violences à caractère sexuel, l'emploi de la conseillère est passé de temps partiel à temps plein. « On a aussi engagé une professionnelle pour nous soutenir dans la rédaction d'une politique pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel et nous engagerons une conseillère adjointe également au bureau prochainement. Le besoin grandit et il faut répondre. On fait face à la musique. On veut surtout bien intervenir », dit la secrétaire générale.

Pour l'Université de Sherbrooke, il ne fait aucun doute que ces demandes pourraient encore augmenter au cours des prochaines années. Selon le Rapport Enquête, Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire, publié en décembre 2016, moins de 10 % des personnes ayant subi une violence à caractère sexuel en milieu universitaire ont faire une démarche de signalement.

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