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« Home Children » : sur les traces de nos ancêtres

Des dizaines de milliers d'enfants britanniques ont été déportés au Canada à la fin du 19e siècle. Plusieurs se sont retrouvés en Estrie et leurs descendants vivent toujours. Une pièce de théâtre tente de lever le voile sur cet épisode encore méconnu de notre histoire.

Depuis près de 20 ans, Freda Clark tente d'en savoir davantage sur l'enfance de son père. Joseph Clark est arrivé au Canada en 1904. Alors âgé d'à peine 10 ans, il a été enlevé à sa famille en Grande-Bretagne et a été placé dans un bateau avec des dizaines d'autres enfants.

« L'Angleterre était très pauvre à cette époque. Plusieurs parents n'étaient pas en mesure de prendre soin de leurs enfants. Ils étaient donc enlevés à leur famille », raconte-t-elle.

Entre 1869 et 1930, près de 100 000 enfants britanniques ont été déportés en sol canadien. Quelque 7000 d'entre eux ont trouvé une famille adoptive en Estrie.

Si la plupart de ces « Home Children » sont aujourd'hui disparus, ils ont laissé un héritage omniprésent au pays. On estime que près de 11 % de la population canadienne sont leurs descendants. Malgré cela, leur histoire est encore méconnue et dans certaines familles, toujours taboue.

« Mon père n'en parlait pas beaucoup. Toute l'information que j'ai pu obtenir de lui, j'ai dû insister, car ils ont été marginalisés pendant plusieurs années », explique Freda Clark

Au théâtre

C'est ce malaise que Laura Teasdale souhaite aborder dans sa pièce, « Home Child ». Le spectacle, qui met en scène seulement deux jeunes comédiens, a déjà été présenté à plusieurs reprises en Estrie. L'histoire résonne chez plusieurs spectateurs.

« On dirait que tout le monde ici me dit « c'est arrivée à mon grand-père, à mon voisin ». Il y a tellement d'histoires », indique Laura Teasdale.

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