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Hydro-Québec en route vers le plus gros contrat de son histoire

Hydro-Québec tentera, de concert avec un partenaire américain, de décrocher le plus gros contrat d'exportation d'électricité de son histoire, en Nouvelle-Angleterre.

La société d'État a annoncé, lundi, qu'elle s'alliait avec la compagnie américaine Eversource Energy dans le but de ravir l'appel d'offres de 1000 mégawatts lancé par le Massachusetts, le Connecticut et le Rhode Island, trois États qui cherchent à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre. Leur projet, d'une valeur estimée de 1,4 milliard de dollars, a été baptisé Northern Pass Transmission (NPT).

Aux États-Unis, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) vient justement de reconnaître l'hydroélectricité comme une énergie verte. Cette annonce, qui tombe à point, était longuement attendue par les États de la Nouvelle-Angleterre.

L'annonce d'Hydro-Québec coïncidait d'ailleurs avec la 39e conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada, qui ont discuté d'énergie et de changements climatiques, lundi, à Saint-Jean, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador.

« Nous, les gouverneurs, avons une occasion formidable d'atteindre nos objectifs environnementaux en développant au Canada une relation avec tous ceux qui veulent partager leur capacité hydroélectrique extraordinaire », a lancé d'emblée le gouverneur du Vermont, Peter Shumlin.

À l'issue de la réunion, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s'est montré optimiste quant aux chances d'Hydro-Québec de remporter l'appel d'offres.

« Je crois qu'on est très bien placé, au Québec, pour profiter de cette occasion », a-t-il estimé en entrevue à Radio-Canada, se réjouissant de la décision de l'EPA.

« Ce qu'on dit, nous, c'est que le Québec a maintenant une quantité importante d'énergie qui est verte, qui est fiable, qui est sécuritaire, à un prix compétitif », a-t-il expliqué.

Si la société d'État et son partenaire remportent la mise, a martelé Philippe Couillard, l'ensemble des Québécois en bénéficiera. « Hydro-Québec nous appartient. Ce que Hydro-Québec gagne, ça revient au trésor public d'une façon quelconque », a-t-il rappelé.

Les deux partenaires misent sur l'utilisation d'une nouvelle technologie

Par communiqué, Hydro-Québec a assuré que l'utilisation de la nouvelle technologie CCHT (courant continu à haute tension) « réduira les impacts visuels de la ligne NPT tout en générant des économies sur les coûts de l'énergie et en acheminant de l'électricité à une région qui en a grandement besoin ».

Le président-directeur général de la société d'État, Éric Martel, présente le projet comme « une solution incontournable » pour permettre la fiabilité de l'approvisionnement et des revenus ainsi que pour la protection de l'environnement « tant pour la Nouvelle-Angleterre que pour l'Est du Canada ».

L'entreprise précise que le département américain de l'énergie a déjà procédé à une ébauche d'évaluation environnementale du projet. Celui-ci devrait être présenté pour approbation à un comité d'évaluation du New Hampshire cet automne, en vue d'une mise en service au printemps 2019. En attendant, le processus d'obtention des autorisations gouvernementales se poursuit.

Une nouvelle ligne de transmission devra être construite si Hydro-Québec et Eversource Energy sont choisis. Elle partirait de l'Estrie, au Québec, pour se rendre jusqu'à Deerfield, au New Hampshire.

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