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Il y a près d'un an, Raif Badawi recevait 50 coups de fouet

Le 9 janvier 2016, cela fera un an, jour pour jour, que Raif Badawi recevait ses 50 premiers coups de fouet. Même s'il n'a plus été flagellé depuis, le blogueur saoudien est toujours incarcéré pour avoir critiqué le régime de son pays. À Sherbrooke, des dizaines de personnes se sont réunies devant l'hôtel de ville pour ce triste anniversaire, comme ils le font tous les vendredis.

Pour marquer l'évènement, Ensaf Haidar, la conjointe de Raïf Badawi, a fait résonner les traditionnels 50 coups de tambour symbolisant les 50 premiers coups de fouet reçus par le blogueur.

Elle demeure déterminée, mais se dit toujours rongée par l'inquiétude car elle est sans nouvelle de son mari depuis maintenant plus de trois semaines. Ses craintes sont d'autant plus grandes que certaines sources avançaient que Badawi avait entamé une grève de la faim en décembre dernier.

La genèse des manifestations

Condamné à 10 ans de prison et à recevoir 1000 coups de fouet pour cybercrime, apostasie et désobéissance à son père, la cause de Raif Badawi a soulevé un vaste mouvement de solidarité au Québec au cours de la dernière année, particulièrement à Sherbrooke, où vit sa famille. Une manifestation s'est tenue de façon hebdomadaire devant l'hôtel de ville depuis l'administration des premiers coups de fouet. Chaque fois, une participante a fait résonner 50 coups de tambour pour symboliser les 50 coups de fouet que le blogueur devait recevoir.

Cette participante, c'est Jane Hospes, qui est devenue une bonne amie de Mme Haidar. Elle est la première à avoir voulu faire un coup d'éclat à Sherbrooke pour dénoncer la situation de Raif Badawi.

Mme Hospes a discuté de son idée avec sa collègue Caroline Custeau, qui a été la première agente d'intégration d'Ensaf Haidar. Elle a tout de suite accepté d'agir pour demander la libération du blogueur.

« La question des droits de la personne est une question qui me touche depuis toujours », explique-t-elle.

Les deux femmes ont communiqué avec Mireille Elchacar, la coordonnatrice d'Amnistie internationale en Estrie. L'organisme était déjà impliqué dans la cause de Raif Badawi, et Mme Elchacar a été emballée par l'intérêt des deux femmes. Elle a proposé de les aider à organiser des manifestations pour alerter l'opinion publique.

« Trois vigiles ont été organisées avant le 9 janvier [2015], et le 9 janvier, on n'a pas eu le choix que de continuer », souligne Mme Hospes.

Les deux femmes ne se découragent pas devant l'inaction du gouvernement canadien dans ce dossier. Elles estiment qu'il faut poursuivre les efforts pour appuyer la famille, mais aussi pour la liberté d'expression.

« Le moral [d'Ensaf] est bas, elle pleure, ce n'est pas facile, mais en même temps, elle a ses enfants et les vigiles, les gens lui donnent de l'espoir », assure Mme Hospes.

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