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Importante pénurie de vaccins contre la fièvre jaune au Canada

Les Canadiens qui souhaitent se rendre en Afrique ou en Amérique latine pourraient avoir de la difficulté à se trouver un vaccin contre la fièvre jaune. Le pays fait face à une pénurie du vaccin contre cette infection qui peut causer la mort. Cette baisse importante des stocks a commencé à se faire sentir au début de 2016, peu après qu'une épidémie de ce virus se fut déclarée en Angola.

La fièvre jaune est une maladie unique qui fait en sorte que le voyageur doit avoir un certificat de vaccination pour se rendre dans certains pays, ou encore pour entrer dans certains pays après avoir séjourné dans une région où la fièvre jaune est endémique. Parmi ces pays, on retrouve l'Angola, la Côte d'Ivoire, la Guyane française, le Mali et le Togo.

« Le Canada est très sévère aux douanes au moment du retour. J'ai des clients à qui c'est arrivé. Si votre passeport est estampillé d'un pays où sévit la fièvre jaune, ils vont vous faire vacciner avant d'entrer au pays », soutient Christiane Dubreuil, infirmière spécialisée en vaccination de voyage.

Pour elle, la situation n'est pas nouvelle. Chaque printemps, depuis quelques années, les stocks de vaccins contre la fièvre jaune diminuent grandement. « C'est une période de l'année où il y a beaucoup de voyageurs qui se rendent en Afrique ou en Amérique du Sud. On est très vigilants. On ne veut pas que la maladie se répande. On essaie de circonscrire la maladie. C'est aussi un vaccin très difficile à confectionner, car il contient une partie vivante atténuée. Il n'est pas complètement synthétique », explique-t-elle.

Cette dernière soutient que présentement la maladie s'étend beaucoup en Amérique du Sud. « On est rendu pas mal au sud pour des zones à risque. Avant on allait au Brésil, au Panama, en Colombie et nous n'avions pas de problème. Là, c'est autre chose. C'est commun dans les deux hémisphères. Toutefois, il n'y en a pas au Canada. »

Fractionner les doses

Alors qu'auparavant, elle pouvait obtenir le nombre de vaccins qu'elle voulait, Christiane Dubreuil est maintenant limitée à cinq fioles par mois. « Santé Canada nous recommande de fractionner la fiole en cinq portions. Donc, les gens qui recevront un vaccin fractionné seront protégés pendant une durée d'un an alors s'ils avaient reçu la dose complète, ils auraient été protégés à vie. »

Pour l'infirmière, cette façon de procéder complique les choses. « Ça prend beaucoup de gestion parce que je dois donner les 5 doses en 60 minutes. Je ne peux pas vacciner quelqu'un le matin, le midi et le soir. Ils faut les réunir tous ensemble le soir. »

Au total, Mme Dubreuil peut donc vacciner 25 personnes par mois. « Les gens trouvent ça compliqué un peu. Au niveau financier entre autres. J'ai diminué le prix, mais étant donné que c'est un surcroît de travail, je ne peux pas le réduire encore plus. C'est compliqué parce qu'il y a beaucoup de groupes scolaires, de travailleurs humanitaires et de touristes qui vont vers ces pays qui sont de plus en plus prisés. Disons que ma secrétaire est très irritée de ce temps-là! C'est complexe de gérer l'agenda pour que tous aient sa mini-dose de vaccination. Les gens doivent être patients. »

Pour le mois d'avril, l'infirmière a reçu ses cinq fioles mardi.

Il n’existe à l’heure actuelle qu’un seul fabricant homologué du vaccin au Canada.

À lire aussi : L'État de Rio de Janeiro préoccupé par la fièvre jaune

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