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Incursion dans l'univers de la maison des jeunes Azimut Nord de Sherbrooke

Elles sont environ 400 maisons des jeunes à coexister à travers le Québec. Et pourtant, chacune a son propre univers, créé par les couleurs des jeunes qui les fréquentent. Voici à quoi ressemble celui de la maison des jeunes Azimut Nord, à Sherbrooke.

Un texte de Christine Bureau

« On joue au pool, au ping-pong, au babyfoot, on parle avec nos amis. Il y a toujours des soirées thématiques. On ne s'ennuie jamais, c'est vraiment l'fun », résume Arnaud.

Le jeune homme vient tout juste d'avoir 12 ans, l'âge minimum pour fréquenter la maison. « Je suis limite, mais je veux rester ici jusqu'à ce que j'aie 18 ans. Je pense même travailler ici plus tard », confie-t-il d'un ton assuré.

Ce souhait n'a rien d'anodin. L'un des objectifs des maisons des jeunes est justement de développer l'autonomie des jeunes. De multiplier les réussites.

« Nous, on est vraiment juste comme un pot de terre et les jeunes viennent dans le pot de terre et grandissent comme eux le veulent », illustre Martin Bessette, animateur à la maison Azimut Nord.

De nouveaux amis 

Entre les murs de ces maisons, le jeune visiteur retrouve donc à la fois liberté et encadrement.

« On est là pour l'accompagner, le conseiller, mais au bout du compte, c'est le jeune qui va prendre l'emprise sur sa vie, et nous, une des missions qu'on a, c'est de stimuler l'autonomie des jeunes », mentionne M. Bessette.

Un rôle d'accompagnement qui est loin de passer inaperçu auprès des jeunes. « Les animateurs, ils sont tous gentils! Si je viens ici, ils m'accueillent comme un président, comme Justin Trudeau, oui », lance avec le sourire Clisson, un jeune homme âgé de 16 ans.

Comme tous les autres, il raconte s'être fait de nombreux amis au sein de cette maison. Il la fréquente depuis le déménagement de la maison Azimut Nord au parc André-Viger, en mai dernier, devenue une véritable « extension » du parc, selon l'animateur Martin Bessette. 

Juan David, lui, connaît la maison Azimut Nord depuis longtemps, bien avant son déménagement. Surtout, pas question de laisser tomber ses visites. « Ce que j'aime vraiment, c'est les jeunes ici. Quand on apprend à les connaître, on peut se rendre compte que ça peut devenir des amis. »

De l'apprentissage de la démocratie 

La référence au groupe est importante chez tous ces jeunes croisés à la maison Azimut. Il s'est créé au fil du temps un fort sentiment d'appartenance. Mais ce sentiment ne vient pas sans cette obligation de respecter les règles - formelles et informelles - qui se créent au sein d'un groupe.

« Il y a beaucoup d'apprentissages au niveau de la vie démocratique. Ce qu'on dit, c'est qu'on veut en faire des citoyens actifs, critiques et responsables. On les aide à travers leur parcours d'adolescent, à travers leur quotidien, à grandir », note Nicolas Legault, directeur général du Regroupement de maisons des jeunes du Québec, qui compte 150 membres.

La maison Azimut Nord, compte même depuis récemment un comité des jeunes, qui doit décider des années à venir. Arnaud y a été élu il y a deux semaines. Selon lui, c'est son sens de l'écoute qui a convaincu les jeunes de voter pour lui. 

« J'écoute le monde. Je ne veux pas juste mes idées, je veux qu'on écoute les idées de tout le monde pour qu'on ait encore plus de fun et qu'il y ait encore plus de monde qui vienne », dit-il. 

C'est que tous les jeunes sont bienvenus à la maison de jeunes Azimut Nord. Le jugement des autres reste à la porte, comme le confirme Marylou, âgée de 12 ans. « On fait des sorties, du sport. On n'est pas juste ici pour parler. Et quand t'as rien à faire, tu peux venir comme tu veux, même en pyjama. Tu fais ce que tu veux! »

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