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Jean-Pierre Kesteman, « l'historien avec un grand H » de Sherbrooke, n'est plus

L'historien Jean-Pierre Kesteman a succombé à un cancer mardi matin, à l'âge de 77 ans. Professeur émérite du département d'histoire de l'Université de Sherbrooke, il est considéré comme le rédacteur de l'histoire de Sherbrooke et des Cantons de l'Est. Il laisse derrière lui un nombre incalculable d'écrits, dont l'Histoire de Sherbrooke en quatre tomes.

Belge d'origine, Jean-Pierre Kesteman a émigré au Québec dans les années soixante et s'est rapidement consacré à l'histoire régionale.

« Il est l'historien avec un grand H de Sherbrooke. Pour une société d'histoire, c'est primordial. Son travail est tout le temps au coeur de nos activités, on réfère toujours à un ou à un autre de ses écrits parce qu'on connait la qualité de son travail, sa compréhension du développement de Sherbrooke et de l'évolution de la ville », explique le directeur général de la Société d'histoire de Sherbrooke, Michel Harnois.

Jean-Pierre Kestelman était aussi un orateur éloquent, qui savait transmettre sa passion.

« Je me rappelle de sa conférence sur le tramway. J'avais vraiment l'impression que j'étais dans un tramway, en train de circuler sur la rue Wellington, parce qu'il a un don de description, de chaque détail, du paysage, du bruit et de l'ambiance qu'il y avait à l'époque », se rappelle M. Harnois.

De l'Antiquité aux Cantons de l'Est 

Son ancien collègue, l'historien Guy Laperrière, garde lui aussi de bons souvenirs de ses conférences. 

« Son apport est inestimable. Il avait de grands talents d'enseignant et de communication. Il donnait des conférences extraordinaires. L'entendre était un ravissement à chaque fois », souligne-t-il. 

Il remarque qu'il était un pionnier à bien des égards, mais que c'est surtout par ses écrits qu'il a laissé sa marque.

D'ailleurs, comment un Belge en était-il venu à s'intéresser autant à sa patrie d'adoption? 

« Lui-même racontait souvent qu'étant un Européen formé à l'Université catholique de Louvain, une des premières choses qu'il avait faites en arrivant à Sherbrooke était de se diriger à la bibliothèque pour trouver l'histoire de la ville »,

Surpris de voir qu'il n'y a rien d'important d'écrit sur Sherbrooke, il se met à la tâche. « C'est là qu'est née sa vocation parce qu'à l'origine, sa spécialité était l'Antiquité », se rappelle M. Laperrière. 

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