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Josée Bélanger à la maison pour une pause du soccer professionnel

Après une Coupe du monde, des piges en Suède et à Orlando, une médaille olympique, Josée Bélanger sentait le besoin de « retrouver un équilibre de vie ». Sans délaisser l'équipe canadienne, la défenseuse prend une pause du soccer professionnel pour s'accorder une « période d'évaluation », qu'elle juge opportune après les Jeux de Rio.

Un texte de Guillaume Boucher

« Ça fait trois ans que je m’exile : à Vancouver, pour préparer la Coupe du monde, en Suède, à Orlando... Cette année, j’ai pris la décision de rester à la maison », explique la Québécoise de 30 ans, « essoufflée de tous ces voyages » et de devoir s’adapter à de nouveaux environnements.

Après avoir partagé avec ses proches et sa communauté sa toute première médaille olympique, la joueuse de Coaticook a senti le besoin de rester près d’eux, d’autant plus qu’elle voulait entrer en douceur dans un nouveau cycle olympique.

Quand on parle d’un cycle olympique, c’est très long. C’est stratégique pour moi d’utiliser ce premier moment du cycle pour me ressourcer, de retrouver un équilibre de vie en restant ici près de mon amoureux, près de ma famille, avec de la stabilité.

Josée Bélanger, défenseuse de l'équipe canadienne féminine de soccer

Josée Bélanger ne s’engage d’ailleurs pas encore à aller au bout de ce cycle, aux Jeux de Tokyo en 2020, et à la Coupe du monde qui les précédera en 2019. Elle préfère vivre « une année à la fois plutôt que de voir trop loin ».

Elle dit réfléchir à ce qu’elle peut « accomplir comme athlète, mais aussi comme personne ». Ses projets familiaux font partie de sa réflexion.

« En tant que femme, on doit se poser la question en termes de timing. Je suis quelqu’un qui veut une famille. Oui, ça me chicote, mais je ne mets pas trop l’accent là-dessus à court terme », explique-t-elle.

« Une avenue différente »

Josée Bélanger a choisi « une avenue différente », reconnaît-elle. Le soccer reste quand même bien ancré dans son quotidien. Elle s’entraîne par exemple en futsal chaque mercredi avec les joueuses des Citadins de l’UQAM, sous la supervision d’Alexandre Da Rocha, qui la dirigeait à ses débuts semi-professionnels.

Le niveau de jeu dans les gymnases de l’UQAM n’est certes pas le même qu’au Pride d’Orlando, sa dernière équipe professionnelle où elle côtoyait Alex Morgan, mais cette expérience de futsal n’est pas moins enrichissante, insiste-t-elle.

L’espace est plus petit, on touche le ballon plus fréquemment, ça travaille davantage la technique, on doit enchaîner et prendre des décisions plus rapidement. C’est vraiment agréable

Josée Bélanger, défenseuse de l'équipe canadienne féminine de soccer

Des « pionnières »

Josée Bélanger n’a pas vu ses coéquipières de l’équipe canadienne depuis les Jeux de Rio et les retrouvera le 4 février au BC Place de Vancouver, pour un match amical contre le Mexique. « Ça va être un moment festif », espère-t-elle.

L’ambiance sera aussi aux adieux. Ce sera en effet le dernier match international de Melissa Tancredi et des Québécoises Rhian Wilkinson et Marie-Ève Nault, des joueuses qui laissent un précieux héritage au soccer canadien, croit Josée Bélanger.

Elles font partie des pionnières du programme. Elles ont laissé des bases pour les générations qui suivent. Ce sont des personnes disciplinées, déterminées, persévérantes et courageuses. Elles ont été parmi les premières à s’exiler en Europe.

Josée Bélanger, défenseuse de l'équipe canadienne féminine de soccer

Elle garde un excellent souvenir de Wilkinson et de Nault, qui l’ont guidée à ses premiers pas en équipe nationale quand elle ne parlait pas encore l’anglais.

Avec ces retraites, Josée Bélanger devient la figure de l’expérience chez les Québécoises de l’équipe canadienne. Elle se sent investie d’une certaine responsabilité et veut à son tour donner aux suivantes.

Je l’ai déjà fait avec Gabrielle Carle dans le passé. Je l’ai pris sous mon aile. Quand on est plus jeune, tout peut sembler plus grand. C'est intéressant d’avoir quelqu’un sur qui on peut compter. J’ai pris ce rôle de grande sœur qui peut guider.

Josée Bélanger, défenseuse de l'équipe canadienne féminine de soccer

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