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Journée internationale de réflexion sur le génocide au Rwanda : une religieuse sherbrookoise se souvient

En 2003, l'Organisation des Nations Unies a décrété le 7 avril 1994 comme étant la date du début du génocide au Rwanda et la création de la Journée internationale de réflexion sur le génocide au Rwanda. Une Sherbrookoise était présente lors de ces tristes événements. Soeur Thérèse Duchesne avait même refusé d'être rapatriée par le gouvernement canadien. 

En 1994, plus de 800 000 Rwandais, essentiellement des Tutsis, mais également des Hutus modérés, des Twas et d'autres, ont été massacrés de manière systématique en l'espace de moins de trois mois.

Soeur Thérèse Duchesne, membre de la communauté des Soeurs missionnaires de Notre-Dame-des-Anges, a oeuvré longtemps en Afrique et au Rwanda. C'est d'abord au Congo, en 1967, qu'elle met les pieds sur le continent africain. Soeur Thérèse, qui a aujourd'hui 75 ans, y était directrice de deux écoles primaires. Elle est demeurée en mission là-bas jusqu'en 1992.

En 1993, un peu avant le génocide, elle est déménagée au Rwanda, à Butare. Elle était présente, le 8 février 1993, lors d'une attaque qui a fait 40 000 morts. Un événement que l'on peut qualifier de prélude au génocide.

Malgré la violence qui régnait au Rwanda, jamais la Sherbrookoise n'a eu peur. « Non, je n'avais pas de crainte. Sauf quand il y a eu l'attaque, c'était dans le Nord, on se demandait ce qu'il allait se passer. Les responsables de l'ambassade canadienne ont rapatrié les femmes et les enfants. Je revenais de Kigali. Je rentrais à Butare. J'ai rencontré un responsable qui m'a avisé de l'évacuation et qui me demandait si je voulais évacuer. Je ne voulais pas. Je voulais rester avec mes compagnes africaines. Je reste avec elles quoiqu'il arrive », raconte-t-elle. 

Entre horreur et foi

Côtoyer l'horreur et ses conséquences n'a pas eu de conséquences sur sa foi en Dieu et en l'Humain. « Pas du tout! Non, parce que la personne humaine est faible. Nous sommes tous des êtres faibles, et ce, sans exception. Il faut dire que souvent l'horreur peut provenir d'une souffrance. Quand on est dans la souffrance et qu'il n'y a personne pour nous aider, nous soulager, elle peut dégénérer en hostilité. Elle peut nous faire commettre des choses que l'on regrette après, mais qu'on n'est pas capable de maîtriser et qui nous fait exploser. »

Selon la religieuse, il ne fait aucun doute possible que ses amis africains ont pardonné à leurs agresseurs. « Bien sûr! On y a travaillé et on y travaille toujours. Quand il y a eu les Gacaca, c'était pour que les personnes qui sentaient coupables puissent le dire, s'accuser. Il y a eu des expériences de pardon extraordinaires. Ces gens-là ont à vivre ensemble et ils vivent ensemble. »

La recette du bonheur se trouve peut-être dans la résilience. « Il faut apprendre à être heureux dans le milieu que l'on est avec ce que l'on a. Ça ne veut pas dire d'être fataliste ou d'avoir un je-m'en-foutisme. Mais il faut donner un sens à la situation dans laquelle on est, à la transformer pour avoir une vie heureuse », croit-elle.

Cette dernière souhaite tout de même que la communauté internationale soit plus prudente afin que pareil drame ne se reproduise plus. 

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