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Karine Gagné demeure détenue en prison aux Bahamas

La Québécoise accusée d'avoir eu une relation sexuelle illégale avec un mineur à bord d'une croisière devra rester en prison aux Bahamas pour une durée encore indéterminée, mais ses conditions de détention pourraient s'améliorer. C'est ce qui est ressorti de son audience au palais de justice de Nassau, où l'absence de traducteurs a ralenti les procédures.

Un texte de notre envoyée spéciale Marilyn Marceau

Résignée, souriant régulièrement à sa mère venue assister à la comparution, Karine Gagné a attentivement suivi le déroulement de l’audience qui se déroule dans une langue qu’elle ne maîtrise pas complètement.

Karine Gagné et ses proches espéraient que la Cour approuve sa libération sous caution pour qu’elle puisse revenir au Canada en attendant la suite des procédures. Une autre possibilité serait qu’elle soit libérée avec la condition de rester aux Bahamas.

L’absence de décision, qui signifie que la mère de trois enfants en bas âge doit rester entre les murs de la prison de Nassau, déçoit sa famille. Mais un grand pas a tout de même été franchi vendredi dans le dossier de Karine Gagné.

Le procureur de la Couronne, le sergent Tim Saunders, a présenté tous les documents permettant à la cause d’être transféré à la Cour suprême. Étant donné la nature du crime, c’est devant cette instance que les avocats de Karine Gagné pourront présenter une demande de libération.

L’accusée sera de retour devant la Cour suprême le 3 mars. Son avocate espère pouvoir présenter une demande de libération sous caution dès le début de la semaine prochaine, en invoquant notamment des raisons médicales.

Des repas spéciaux

L’avocate de l’accusée, Lisa Botswick-Dean, est arrivée à la cour munie d’un rapport médical. Elle souhaitait démontrer à la juge que Karine Gagné a besoin de repas spéciaux, dans l’espoir de pouvoir parler de libération devant cette instance.

La jeune femme a subi une chirurgie, il y a quelques années, qui nécessite qu’elle suive une certaine diète. Son avocate affirme qu’elle a des problèmes digestifs depuis son incarcération.

Sa mère, Chantale Auclair, trouve d’ailleurs que sa fille a maigri. Elle affirme qu’elle ne mange pas suffisamment.

La juge Joyann Pratt-Ferguson a d’abord affirmé que l’accusée ne se trouve pas dans une station balnéaire et que ce sujet n’est pas de son ressort, rejetant la responsabilité sur la firme d’avocats de Karine Gagné et sur ses proches.

Un peu plus tard, la juge a toutefois adouci son discours et demandé à l’avocate de présenter une demande officielle au surintendant de la prison Her Majesty pour qu’elle puisse manger des repas plus adéquats pour elle, dès aujourd’hui.

Juste avant que l’audience ne se termine, l’avocate a invoqué la clémence du juge pour lui demander la permission que Karine Gagné reçoive les vêtements et livres que sa mère lui avait apportés.

La juge a aussi accepté que des photocopies des photos des trois fillettes de la Bécancouroise lui soient remises.

La juge a affirmé être elle-même une mère. Durant les discussions entourant les enfants, Karine Gagné était en larmes.

Ajournement faute de traduction

La comparution de la Québécoise a commencé vers midi, mais rapidement la juge a réalisé que personne n’était présent pour traduire les procédures à l’accusée. Elle a dû ajourner l'audience.

L'avocate de Karine Gagné croyait que la cause était entendue à 14h, alors elle avait demandé à l'interprète d'arriver à cette heure.

Quant à la traductrice de la cour, le procureur avait omis de requérir sa présence dans la salle de cour, ce que la juge a déploré.

Je ne vais pas continuer les procédures tant que je ne suis pas certaine que l’accusée comprend tout.

Joyann Pratt-Ferguson, juge de la Cour #9

Comme mesure temporaire, la juge a demandé à une amie bilingue de la mère de Karine Gagné de traduire pour s'assurer que l'accusée comprenne pourquoi il y avait un ajournement.

La juge, qui se faisait un devoir d'utiliser les mots français qu'elle connaît, a affirmé qu’elle souhaitait à tout prix que le processus judiciaire soit juste et équitable pour la Québécoise et qu’elle ait droit à une traduction objective.

De retour à la salle d'audience en milieu d'après-midi, la traductrice de la cour, une citoyenne canadienne bénévole, se tenait à la gauche de Karine Gagné, tandis que la traductrice embauchée par la firme de Nassau, Botswick and Botsiwck, se tenait à la droite.

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