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L'arrivée des supercliniques amène son lot d'inquiétudes au Centre-du-Québec et en Estrie

La création des supercliniques annoncée en début de semaine par le ministre de la Santé Gaétan Barette suscite son lot de réactions à Drummondville. Si certains veulent donner la chance au coureur, d'autres estiment que le modèle n'amènera absolument rien de positif au Centre-du-Québec.

Ces mini-hôpitaux seront soumis à plusieurs obligations, la première étant d'offrir au moins 20 000 consultations annuelles et d'ouvrir leurs portes 12 heures par jour, tous les jours. De plus, il devra y avoir un centre public de prélèvements « obligatoirement gratuit » et un service d'imagerie à proximité ou au sein même de la superclinique. Plus de 80 % des consultations devront être offertes à des patients qui n'ont pas de médecin de famille ou à des patients dont le médecin de famille ne pratique pas dans la superclinique.

Des 50 supercliniques qui pourraient potentiellement ouvrir au Québec, six le seront en Mauricie Centre-du-Québec. Le Dr Gilles Viens du Réseau d'accès médical Drummond (RAMD) croit toutefois que la future superclinique de Drummondville ne sera pas plus efficace que le Réseau d'accessibilité médical actuel. « On ferme une clinique Réseau qui voyait 23 000 clients par année et on remplace ça par une clinique qui devrait voir 20 000 patients. On a déjà une perte là et avec toutes les obligations d'heures et tout, on n'a même pas les effectifs médicaux pour répondre à cette demande », déplore-t-il. 

Selon la direction du CIUSSS MCQ, ces cliniques sauront prouver leur efficacité, même à Drummondville. « Je regarderai très attentivement le cadre tel qu'il est déposé actuellement par le ministère et avant de jeter le bébé avec l'eau du bain, je pense que le RAMD a l'opportunité, eux mieux qu'ailleurs, de faire migrer le RAMD vers le modèle de superclinique », soutient le chef du Département régional de médecine générale du CIUSSS MCQ, Dr Pierre Martin.

Du côté de l'Estrie

Trois supercliniques devraient aussi s'installer en Estrie, dont une à Sherbrooke. Bien que sceptique, le comité des usagers de la région laisse la chance au coureur. « J'espère que, pendant la mise sur pied de cette structure, on se rappellera qu'à la base il y a des usagers qui auront la chance de profiter de ces services dont ils ont besoin », indique Normand Bernier du Comité des usagers du CIUSSS de l'Estrie-CHUS. 

Le plan présenté par le ministre de la Santé comporte d'ailleurs des lacunes, selon la professeure au Département des Sciences de la santé communautaire de l'Université de Sherbrooke, Mylaine Breton. « C'est du volume en accessibilité populationnelle pour permettre aux patients non urgents de ne pas aller à l'urgence, mais pourquoi les patients se rendent à l'hôpital? C'est parce qu'ils n'ont pas de médecins de famille qui assure une prise en charge et un suivi! », rappelle-t-elle.

Si l'échéancier ne change pas, les 50 cliniques devraient voir le jour d'ici 2018.

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