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L’avocat de Thomas Harding montre du doigt le « one man crew »

L'avocat de Thomas Harding soutient que la politique de la Montreal Maine & Atlantic railway (MMA) d'autoriser des convois conduits par un seul employé, le « one man crew », y est pour quelque chose dans la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic. « Il est possible de faire plusieurs choses seul, mais c'est mieux quand on est deux », a lancé Me Charles Shearson.

Un texte de Marie-Hélène Rousseau

Mardi, pour une deuxième journée, Me Shearson présente sa plaidoirie afin de convaincre le jury d’acquitter son client. Le mécanicien de locomotive Thomas Harding est accusé de négligence criminelle causant la mort des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic. Ses anciens collègues Richard Labrie et Jean Demaître font face aux mêmes accusations dans ce procès, qui se déroule au palais de justice de Sherbrooke.

Me Shearson a affirmé que pour remplir une tâche comme la conduite d’un train, un équipage composé de deux personnes est plus approprié. « Surtout si la compagnie s’attend à la perfection dans l’application de la réglementation. [...] Ton partenaire va tout le temps s’assurer que tu fais bien les choses », a-t-il dit.

L’avocat a déploré qu’aucune formation spécifique n’a été donnée à son client pour la conduite de convoi seul. Il a fait également remarquer que des employés de la MMA, dont les instances syndicales, étaient préoccupés par l’implantation de la politique du « one man crew ». « La MMA aurait dû écouter son représentant syndical », a lancé Me Shearson.

Me Shearson a rappelé que la compagnie Quebec North Shore & Labrador Railway (QNSL), la seule autre entreprise ferroviaire au Québec à faire circuler des convois conduits par un seul mécanicien de locomotive au moment de la tragédie, offrait une formation d’une durée de 10 jours à ses employés. De plus, la compagnie a dû remplir 69 conditions spécifiques avant d’implanter le « one man crew ».

L’équipement mal entretenu a contribué à l’accident, selon l’avocat

Me Shearson a rappelé que quatre des cinq locomotives du convoi qui a explosé à Lac-Mégantic n’étaient pas conformes aux normes. Il a aussi indiqué que le système de vigilance, un dispositif de sécurité qui applique automatique un freinage d’urgence dans certaines circonstances, aurait dû fonctionner la nuit des événements, et ainsi retenir le convoi. « Vous avez le droit de vous attendre à ce que l’équipement fonctionne », a exprimé l’avocat.

Me Shearson doit terminer sa plaidoirie mardi après-midi.

Mercredi, le juge Gaétan Dumas donnera ses directives au jury. Par la suite, les délibérations commenceront.

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