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L'École primaire de Sutton : quand des élèves anglophones et francophones se côtoient

C'est une journée spéciale à l'École primaire de Sutton. Le gymnase a été transformé en un studio éphémère pour peintres en herbe. Les élèves ont revêtu leur plus beau sarrau pour peindre une murale qui ornera les murs de l'école. Concentrés sur leur coup de pinceau, les écoliers alternent facilement entre l'anglais et le français. Ici, les deux langues sont réunies sous le même toit : un concept unique en son genre.

n texte de Marion Bérubé

L’École de Sutton réunit deux commissions scolaires entre ses quatre murs : Val-des-Cerfs en français et Eastern Township School Board, en anglais. Il y a 30 ans, la directrice de l’époque, Pauline Quinlan, a fusionné les deux instances pour offrir plus de services aux deux communautés.

« On a la bibliothèque municipale dans le bâtiment de l’école. On a également le gymnase qui est partagé avec la Ville. [...] Si on avait une école avec une vingtaine d'élèves seulement, on aurait beaucoup moins de services. », explique le directeur de l’École de Sutton, Frédéric Noirfalise.

En poste depuis septembre, le nouveau directeur a appris à jongler avec la réalité de l’établissement. « C’est du côté administratif qu’on a plus de choses à gérer avec les deux commissions scolaires. On a quand même deux budgets séparés, mais au jour le jour on ne voit pas de différence dans les corridors », ajoute M. Noirfalise.

D'après le directeur, une seule autre école au Québec abrite aussi deux commissions scolaires : celle de Greenfield Park qui loge la Commission scolaire francophone Marie-Victorin et la Commission scolaire anglophone Riverside. « Mais ce n'est pas tout à fait identique. Ici, je suis le seul directeur : c'est ce qui est unique. Là-bas, il y a deux administrations disctinctes dans le même bâtiment », complète Frédéric Noirfalise.

Dans les couloirs ornés de dessins, la classe de maternelle francophone succède à celle de quatrième année anglophone. Les élèves suivent le même programme scolaire, mais chacun dans sa langue. Hors des murs de la classe, tous les élèves sont mélangés, autant à la cafétéria que dans la cour de récréation.

« Les premières semaines, je me demandais toujours si je parlais en français ou en anglais avec les enfants. Finalement, je me rends compte que les jeunes répondaient quand même, peu importe la langue », avoue le directeur.

Une ombre au tableau

Parmi les 200 élèves de l’établissement, seulement une cinquantaine occupent les pupitres des classes anglophones.

Un chiffre qui est loin d'alerter le directeur des lieux. « Que ça fluctue d’un bord ou de l’autre, on ne voit pas une grande différence, précise Frédéric Noirfalise. C’est sûr qu’à long terme on aimerait ça attirer plus de familles. »

À Sutton, presque 70 % de la population est bilingue, une proportion nettement supérieure au reste du Québec. Cette réalité est appréciée par les parents du coin. « [Ma fille] est beaucoup plus à l’aise en anglais que je l’étais à son âge [...]. Les enfants ici sont assez ouverts côté linguistique », mentionne Marylin Molvar.

À la fin de la journée, les élèves attrapent leur sac à dos tout en discutant, alternant facilement entre les deux langues. Ils parlent de tout et de rien, sans réellement prendre conscience de la réalité plutôt spéciale qui règne dans l'enceinte de l'école.

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