Retour

« L’effet Serge » : la journée d'un technologue en imagerie médicale au CHUS

Attablé à la cafétéria du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) sur l'heure du dîner, Serge Gauthier a à peine le temps d'avaler quelques bouchées qu'une urgence s'immisce dans sa pause repas.

Un texte d'Émilie Richard 

« On a un cas urgent en angiographie. On cherche du personnel, lui explique sa chef de service, Chantal Garon. C'est rare que je vienne chercher des gens ici », ajoute-t-elle, comme pour s'excuser. L'unité vient de recevoir un patient avec un caillot au cerveau.

En quelques secondes à peine, Serge retourne à son poste, cabaret à la main : il mangera plus tard sur le coin d'un bureau tout en faisant des appels pour confirmer des rendez-vous.

Après lui avoir laissé le temps de traiter son cas urgent, nous montons le rejoindre au Département de radiologie, à l'Unité d'angiographie. C'est là que l'on traite tout ce qui concerne les artères. Un endroit où les technologues en imagerie médicale, comme Serge, font équipe avec les médecins. D'abord, les examens aux rayons X permettent d'établir des diagnostics. C'est aussi dans cette unité que les radiologistes-interventionnistes installent des chambres à cathéter implantables, de petits appareils qui permettent, entre autres, aux patients atteints de cancer de recevoir de la chimiothérapie.

Les professionnels de l'imagerie

Ce sont de six à huit technologues en imagerie médicale qui travaillent en angiographie, mais ils sont au total environ 150 à travailler au CHUS-Hôpital Fleurimont et à l'Hôtel-Dieu. En échographie, en radiologie, en résonance magnétique, ces technologues sont partout où une image du corps doit être produite.

Même si ce sont eux qui exécutent les rayons X, ils n'analysent pas l'image qu'ils ont produite. « L'œil se fait, mais on n'a pas le droit de révéler le résultat de l'examen. Il faut juste s'assurer que notre travail est bien fait parce que ça peut changer le diagnostic », explique Serge Gauthier qui cumule 17 ans d'expérience dans le métier.

« Il y a des secteurs pires que d'autres, avoue M. Gauthier. Aux rayons X, quand le monsieur ou le petit garçon a le bras cassé, il s'en doute pas mal. En résonnance magnétique, quand tu vois quelque chose dans la tête du petit et que la maman est juste à côté de toi et qu'elle te demande si tout est beau, tu trouves des mots pour ne pas lui dire. Ce n'est pas à moi de le faire, mais aussi parce que de le dire à froid, comme ça, ça ne se fait pas. Ce n'est pas évident. Les mamans, tu ne veux pas qu'elles entrent dans la salle. Je leur dis que l'examen va durer une heure, que c'est le temps d'aller se reposer, de boire un café. »

Pendant la visite des salles de rayons X, une collègue nous souligne sa polyvalence et sa gentillesse. Mais, qu'est-ce qui fait un bon technologue?

La rencontre tire à sa fin. Une patiente qui s'apprête à subir une intervention pour l'installation d'une chambre à cathéter implantable attend près de la salle jaune. Serge Gauthier s'empresse d'aller la voir. Il la rassure, lui explique la procédure et répond à ses questions. La conversation se termine dans un éclat de rire, ce qui veut tout dire!

En saluant la dame qui quitte les lieux, elle dit, le sourire grand comme ça : « Il est très gentil et, en plus, il est beau bonhomme! »

Et pourtant, elle n'avait même pas encore reçu sa sédation. C'était peut-être simplement « l'effet Serge »!

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine