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L'emploi, le taux de diplomation et les populations vieillissantes: ce que l'Institut du Québec dit sur l'Estrie 

Au-delà des chiffres, voici un bref survol des points marquants de l'édition 2016 du Bulletin statistique régional consacré à l'Estrie, publié lundi. 

Un texte de Christine Bureau

1. LES INVESTISSEMENTS DES ENTREPRISES EN BAISSE 

Selon les prévisions déclarées par les entreprises pour 2015, les investissements dans la région de l'Estrie atteignent 811 millions de dollars, ce qui représente une baisse de 11,6 % pour une troisième année consécutive.

La chargée de projet à l'Institut de la statistique du Québec, Marie-Hélène Provençale, soutient que cette diminution est « principalement » causée par un ralentissement dans le secteur des biens. 

Les entreprises dans le secteur de la fabrication, par exemple, estiment avoir investi 142,8 millions de dollars en 2015, comparativement à environ 177 millions l'année précédente.

La directrice générale Sherbrooke Innopole, Josée Fortin, conteste toutefois ces chiffres.

Contrairement à l'Institut du Québec, dont les chiffres pour l'année 2015 sont considérés comme une estimation, Sherbrooke Innopole dit avoir recueilli des données directement auprès des entreprises de Sherbrooke.

« Pour Sherbrooke, qui représente environ 60 % des investissements de l'Estrie, on a investi 114 millions en 2015, ce qui est une hausse de 15 % par rapport à 2014 », soutient-elle, en parlant des entreprises dans le secteur de la fabrication. 

2. LE TAUX DE DIPLOMATION AU COLLÉGIAL 

Le taux de diplomation pour la cohorte des étudiants inscrits en 2009 dans un établissement collégial en Estrie est de 61,6 %, soit 2 % de moins que dans le reste du Québec, dit l'ISQ.

« C'est le plus bas que le taux de diplomation à l'échelle du Québec. [...] On n'a pas vraiment d'explication claire de cause à effet pour ce phénomène-là. On le remarque parce que c'est une tendance qui semble se poursuivre, il faut la surveiller de près », soutient Mme Provençale.

Le directeur des études au Cégep de Sherbrooke, Éric Gagné, souligne toutefois que les étudiants mettent plus de temps qu'auparavant à obtenir leur diplôme. 

Lorsque les chiffres sont comptabilisés jusqu'à cinq ans après l'année prévue d'obtention du diplôme plutôt que deux, « on remarque une augmentation très importante du taux de diplomation, ça va de huit à dix points de pourcentage », note-t-il. 

Il donne en exemple la cohorte d'étudiants de 2007. Deux ans après l'année prévue d'obtention du diplôme, le taux de diplomation est de 60 %. Après cinq ans, il grimpe à 68 %. « C'est générationnel », suggère-t-il pour expliquer la différence dechiffres.

Et les étudiants du Cégep de Sherbrooke, ajoute-t-il, sont parmi ceux qui reçoivent le plus d'aide financière de la part de Québec. « Ils doivent travailler un petit peu plus que les autres », mentionne-t-il. 

3. POPULATION VIEILLISSANTE 

En 2014, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus représentait 18,7 % des Estriens. En 2015, ce chiffre grimpe à 19,9 %. Dans les deux cas, il s'agit d'une proportion plus élevée que dans le reste du Québec (17,6 % en 2015).

Les MRC Le Granit, Les Sources et Memphrémagog sont les plus âgées. Pour la MRC des Sources, la proportion de gens âgés de 20 à 64 ans (54,5 %) est parmi les plus faibles à l'échelle du Québec.

Le directeur général de la Ville d'Asbestos, Georges-André Gagné, en est conscient. Selon lui, c'est par leur stratégie de diversification qu'il leur sera possible de rajeunir leur population.

Sur le plan économique, il donne en exemple plusieurs entreprises de la région créatrices d'emploi : Alliance Magnésium, Canards du Lac-Brome, Produits d'emballage Solutec, Lunetterie générale, ainsi que KABS, une entreprise pharmaceutique qui doit bientôt ouvrir ses portes.

« Bien sûr, statistiquement, ça va prendre plusieurs années avant que ça paraisse », conclut-il. 

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