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L'équipe mobile d'intervention psychosociale de Sherbrooke : un succès sur toute la ligne

Mise sur pied en mai 2016, l'équipe mobile d'interventions psychosociales (EMIP) du Service de police de Sherbrooke et du CIUSSS de l'Estrie-CHUS a permis d'accompagner 115 personnes vulnérables en situation de crise ou de détresse.

Formée d'un travailleur social et d'un policier, cette équipe est en poste deux soirs par semaine permet d'intervenir lors de différentes problématiques rencontrées sur le terrain : problèmes de vie de couple, deuil, problèmes socio-économiques, idées suicidaires ou problèmes de santé mentale. Au total, 12 policiers et quatre intervenants sociaux ont été formés pour faire parti de l'EMIP.

Selon le premier bilan déposé après six mois d'activité, les interventions du EMIP ont permis d'éviter le transport aux urgences de 21 personnes. Les personnes rencontrées par l'équipe n'étaient pas connues ni des milieux policiers ni du CLSC dans les trois quarts des cas. Autant d'hommes que de femmes ont été pris en charge par l'équipe mobile. « Ce qui défait le mythe que ce sont les hommes qui ont le plus souvent des éléments perturbant », note la directrice des services généraux au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Lyne Cardinal.

Au début, j'avais un doute. Après six mois, je peux dire que c'est un succès. Je suis très fier de porter le brassard de l'EMIP. C'est un must!

Mario Raymond, policier patrouilleur

Parfois, la simple présence d'une travailleuse sociale fait tout la différence. « Un citoyen avait contacté le 911 après avoir vu une dame mal habillée pour la saison se promener de façon étrange dans la rue. Elle montrait de la méfiance devant les policiers, mais comme intervenante sociale, j'avais accès aux informations du CLSC. Je savais donc son nom, où elle habitait. Ça l'a mise en confiance. Nous avons pu la ramener à sa famille d'accueil. Avant, cette dame aurait été conduite à l'hôpital et puis, le lendemain, nous avons pu faire des liens avec l'équipe de jour qui était au dossier », explique la travailleuse sociale, Sylvie Desautels.

Dans un autre cas, l'équipe est arrivée au milieu d'une chicane entre une mère et sa fille. « La mère hurlait qu'elle ne voulait plus que sa fille demeure avec elle. Elle voulait la mettre dehors. Cette dame n'était pas connue du CLSC et ne connaissait pas les services offerts. C'était une mère épuisée. Une fois la crise désamorcée, on a pu lui offrir des services adaptés à sa situation. La fille a pu rester chez sa mère et un placement en centre jeunesse et un signalement à la DPJ a pu être évité », raconte fièrement Mme Desautels.

Une nécessité

Pour le policier Mario Raymond, il ne fait aucun doute que cette équipe est nécessaire à Sherbrooke. « On a un contact direct avec les gens. Ça nous permet de voir le non-verbal, les émotions et de savoir s'ils disent la vérité. On peut aussi mieux comprendre la situation, l'environnement et s'ils peuvent subvenir à leurs besoins. On va plus loin que les interventions téléphoniques. »

Au-delà de l'impact sur le terrain, l'agent Raymond soutient être un meilleur policier depuis qu'il a joint l'EMIP. « Mon coffre à outils est mieux outillé. Je suis devenu, en quelque sorte, une référence pour mes collègues dans leurs interventions. Cette équipe a un impact sur toute la ville de Sherbrooke. »

Selon les dernières statistiques, 13 % des Estriens ont des symptômes de pathologie en santé mentale et 23 000 personnes sont suivies pour ces symptômes. Chaque année, 800 personnes sont hospitalisées pour des problématiques liées à la santé mentale.

Forts de ces premiers résultats encourageants, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS et le SPS ont confirmé que l'EMIP sera de retour pour une deuxième année. Le projet coûte environ 80 000 $ par an.

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