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L'espoir après les mois d'angoisse : l'incendie qui a fait vivre un cauchemar à une famille de Saint-François-Xavier

Les jours ne peuvent qu'être meilleurs pour les Giguère-Loiselle, qui ont bien hâte de terminer 2016. Cette année-là, leur maison est partie en fumée alors que la famille profitait de vacances en Floride. Dans la nuit du 27 février, des voleurs ont pénétré à l'intérieur et après leur départ, tout a flambé. Neuf mois plus tard, le couple travaille toujours d'arrache-pied pour rebâtir son cocon après des mois d'angoisse.

« Ça a pris du temps avant qu'on le réalise. On le réalise plus là parce que les mois ont passé, que la pression est tombée, mais on commence à s'ennuyer un peu plus de nos affaires », confie Nancy Giguère.

C'est à travers les pots de peinture et à la lumière des lampes portatives que la mère de famille nous a ouvert les portes de sa nouvelle maison. Le déménagement n'est pas encore pour demain. La finition reste à terminer et même si elle aimerait y fêter Noël, le temps manque pour magasiner les meubles et tout le nécessaire.

Ce n'est pas réglé non plus, on n'a pas eu encore de montant. Les meubles, la vaisselle, les chaudrons, j'ai rien encore. De toute façon, je n'avais pas de place!

Nancy Giguère

La famille loge dans un appartement prêté par l'assureur à Sherbrooke, dans un édifice où il n'y a que des sinistrés.

Le plus jeune, Nathan, va toujours à l'école primaire de Saint-François-Xavier-de-Brompton. « Tous les matins, je vais reconduire Nathan avant d'aller travailler », confie la mère, fatiguée de tous ces tracas.

L'assureur a donné son accord pour la reconstruction de la maison à la fin du mois de septembre, soit sept mois après le sinistre. L'enquête a été longue en raison de l'incendie d'origine criminelle, des mois qui ont paru une éternité.

Très angoissant! C'est pour ça que j'ai fait des allers-retours à l'urgence. Des brûlements d'estomac, des crises d'angoisse... j'ai manqué beaucoup à mon travail. »

Nancy Giguère

Des traces pour la vie

Propriétaire d'un commerce de toilettage à Magog, elle n'a que de bons mots pour ses employées qui ont pris la relève ainsi que pour tous les amis et les proches qui apportent aide et soutien.

« La seule chose que j'ai pu récupérer dans le feu, c'est une tasse de Walt Disney. Aucune photo, aucun souvenir. Il n'y avait plus rien, se désole Nancy Giguère. On réalise qu'il y a des choses sentimentales auxquelles on tenait beaucoup. Ça va rester comme une cicatrice un peu dans notre coeur, à tout le monde. »

Au-delà des pertes matérielles, la perte de la quiétude d'esprit laisse aussi des cicatrices. « Mon plus jeune a fait des cauchemars, raconte Nancy. Même si on n'était pas là, les voleurs, ça l'a marqué. Il vérifie toujours si tout est correct. »

On dit de pardonner pour pouvoir avancer, mais ça, je pense que ça va être difficile

Nancy Giguère

Nancy Giguère et son conjoint ont choisi de ne pas suivre le processus judiciaire des deux accusés dans cette affaire.

Julie Simoneau-Audy et Karl Watson ont plaidé coupables sur plusieurs chefs d'accusation, dont complicité après un incendie criminel. Ils ont été condamnés à une peine de deux ans moins un jour pour l'un, et à 18 mois de détention dans la collectivité pour l'autre.

« On n'est pas allés au palais, on ne les a jamais vus, on ne s'est pas intéressés à ça. On voulait juste avancer et passer à autre chose le plus vite possible. »

Hiberner dans sa maison

Et alors que d'autres rêvent de passer quelques semaines de l'hiver dans le Sud, le couple souhaite seulement passer du temps chez lui.

« On va profiter de la maison pour hiberner! C'est ça qu'on veut pour l'instant », lance en riant Nancy. Une maison neuve où les propriétaires tenteront de recréer ce qu'ils aimaient le plus de l'ancienne. « Je veux ravoir ma chambre bleue, ma chambre de hockey! » a dit Nathan. Un souhait qui sera certainement réalisé.

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