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L'état des parcs de planche à roulettes à Sherbrooke vu par ceux qui les utilisent

Fait-il bon être un amateur de planche à roulettes à Sherbrooke? La réponse est nuancée. Malgré un programme « skate-école » unique au Québec et un réinvestissement de la part de la Ville dans ses parcs, Sherbrooke ne passe pas le test, selon les amateurs. Tour d'horizon.

Un texte de Christine Bureau

« À Sherbrooke, on n’a jamais eu très belle réputation », admet d’emblée Alexandre Blais. Passionné par le sport, le jeune entrepreneur passe une partie de ses temps libres durant l'été avec les jeunes du Dinosaur skate club, qu’il a créé.

Le problème, dit-il, c’est que personne n’est consulté avant de lancer les chantiers, ni lui ni aucun membre de la communauté de planchistes de Sherbrooke. « Oui, on a deux, trois nouveaux skateparks depuis les dernières années, mais ça n’a pas été selon nos besoins. »

Un exemple? Celui de Deauville, créé en 2012 à partir de modules préfabriqués, est déserté par une large partie des amateurs du sport.

Preuve à l’appui, le jeune adepte Keven Domon parle d’un module qu’il est presque impossible d’utiliser en raison de son emplacement. « Si on voulait le faire, il faudrait être vraiment expérimenté parce que la seule façon de l’utiliser, c’est de courir dans l’herbe pour sauter sur sa planche », illustre-t-il. Et à l’atterrissage, un autre module - une table de pique-nique - attend les plus téméraires.

Alexandre Blais donne également l’exemple d’un rail, dont les pattes en métal ont été laissées sur l’asphalte, qui est par ailleurs gondolée. « Les coins sont en métal, c’est coupant. C’est un plan pour que tu t’attrapes les roues et que tu tombes. »

D’autres parcs ont carrément été laissés à l’abandon. Dans le parc de L’école de la Montée Saint-François, les modules sont en métal. Ils sont rouillés, désuets, brisés et certains sont même chambranlants.

Le cas du parc Desranleau

Un nouveau parc s’ajoutera néanmoins bientôt à ceux déjà existants à Sherbrooke. Dans l’est de la ville, les terrains de tennis du parc Desranleau ont été remplacés par des modules en béton pour les planche à roulettes. Coût total du projet : plus de 200 000 $. Mais, encore une fois, la communauté de planchistes est déçue.

Ses membres ont appris la nouvelle dans le journal. Ils ont réussi à parler à des représentants de la Ville, mais « tout était déjà coulé dans le béton », soutient Alexandre Blais.

De son côté, le chef de la division des parcs et des espaces verts à la Ville de Sherbrooke, Yves Tremblay, affirme que le parc a été conçu par un spécialiste, en gardant en tête que le parc municipal sera ouvert au grand public. « Nous, notre client, c'était l'arrondissement. »

Et pour le prochain parc, les planchistes rencontrés peuvent-ils s'attendre à être consultés? « Ça dépend toujours du coût de départ et de la philosophie qui est demandée dans le renouveau du parc [...] Dans le cas du parc Desranleau, c'est un parc qui va s'adresser à une clientèle débutante/intermédiaire, donc on est allé vers un spécialiste qui pouvait nous offrir ce genre d'approche-là. »

L’exemple de Montcalm

Sherbrooke recèle cependant au moins un succès. Le parc derrière l’école Montcalm a été créé en collaboration avec la communauté, qui en a d’ailleurs financé une partie.

« Souvent, même s’il y a des bonnes intentions derrière les idées de la Ville, ce n’est pas bien réalisé […] Mais il y a encore des places comme ici, qui ont été créées et pensées par des skateux, ça c’est super cool », note le jeune planchiste Antoine Lessard-Beaupré.

Un parc souvent fréquenté, entre autres, par les élèves du programme de sport études en planche à roulettes offert à l'école Le Triolet, un programme unique au Québec.

« Je pense que c'est l'fun de savoir que Sherbrooke est un exemple pour le skateboard, au moins dans la province, ce serait l'fun que nos infrastructures puissent suivre un peu », conclut Alexandre Blais.

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