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L'histoire de la prévention du suicide en Estrie

Raconter l'histoire de la prévention du suicide en Estrie, c'est également raconter l'histoire de l'organisme JEVI, qui en est à 30e année d'existence, se remémore le directeur général de la Société d'histoire de Sherbrooke, Michel Harnois.

Au début des années 1980, la prévention du suicide était « LE » sujet tabou que personne n'osait aborder », relate l'historien. « Le Québec avait la palme d'or - si je peux m'exprimer ainsi - du taux de suicide le plus élevé au monde chez les jeunes. »

C'est également au début des années 1980 que l'organisme JEVI a fait ses balbutiements, grâce à un enseignant de l'école secondaire Le Ber, Claude Thibault.

Loin d'en faire un sujet tabou, il a décidé que parler de prévention du suicide faisait partie de la solution. Et que pour en parler, il fallait se réunir entre pairs, que ce soit des jeunes qui aident d'autres jeunes qui avaient des idées semblables, en plus de rencontres prévues avec des intervenants.

En 1990, quatre ans après l'incorporation officielle de JEVI, un événement rassemblant 2000 jeunes en provenance de 212 écoles de partout au Québec a d'ailleurs eu lieu à Sherbrooke. « Encore une fois, c'était l'approche par les pairs » qui était privilégiée, note-t-il. C'était avant que la mission s'élargisse auprès des adultes, durant les années 1990.

À l'ère de l'illégalité

Si la prévention du suicide reste un sujet difficile à aborder, il est loin le temps où se suicider ou tenter de le faire était illégal, raconte Michel Harnois.

En 1930, une Sherbrookoise du nom de Marie-Rose Asselin a d'ailleurs dû faire de la prison pour avoir avalé du poison. Sauvée par ses voisins, elle a été transportée à l'hôpital, où elle a été rendue coupable de tentative de suicide. Sa sentence? Six mois derrière les barreaux de la prison Winter.

Il a fallu attendre le début des années 1970 pour que soient décriminalisés à la fois le suicide et la tentative de suicide. « Avant, dans la société catholique, chrétienne dans laquelle nous vivons encore, c'était un crime et les suicidés ne pouvaient être enterrés dans un cimetière à cause de ça », mentionne-t-il.

À l'époque de la Nouvelle-France, la tentative de suicide était un crime passible de la peine de mort, relate-t-il.

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